Luttes sociales

À quand le referendum ?

Nicolas Sarkozy disait ceci pour convaincre les électeurs : « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer »

Céline Tabou / 12 octobre 2010

Dans son programme "Mon projet", Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle de 2007, avait affirmé ne pas vouloir toucher à l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans. Aujourd’hui, il prend une autre décision et tente de faire passer en force sa loi, malgré l’appel de la rue.

Lors de la campagne de 2007, le candidat UMP avait été très clair sur les régimes spéciaux, dont la réforme a été adoptée dès le début du quinquennat. « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d’être la durée hebdomadaire légale du travail. Que ce soit un minimum, cela me va très bien. Ce que je n’accepte pas est que cela soit aussi un maximum. Quelle drôle d’idée que d’interdire aux Français de travailler plus pour gagner plus ! (...) La retraite, ce n’est pas un problème d’épargne, mais de travail. Si cela vous intéresse de travailler jusqu’à 70 ans et de partir ensuite en vacances plutôt qu’acheter un appartement pour vos petits-enfants, c’est votre droit. Mais en travaillant davantage, vous contribuez à résoudre le problème de l’équilibre des retraites », a-t-il annoncé dans son programme "Mon projet".
Mais cette promesse n’est plus, or, c’est une question essentielle pour la société. Car si Nicolas Sarkozy avait dit dès le départ qu’il allait remettre en cause la retraite à 60 ans, combien de voix aurait-il perdu ? Aurait-il même été élu ? C’est pour cela que, dans une telle situation, il faut un référendum. Conformément à l’article 11 de la réforme constitutionnelle du 22 juillet 2008, les citoyens sont en droit de demander à un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits, la tenue d’un référendum sur le projet de loi sur la réforme des retraites, présenté par Éric Woerth, ministre du Travail.
D’autant plus que la réforme des retraites ne concerne pas une partie de la population, mais la population française dans sa globalité. De ce fait, les Français sont en droit de donner leur opinion face à une retraite jugée injuste et inégale par 59% de la population. La rue parle, et les élus se doivent d’écouter ceux qui les ont mis à leur place.
Arguant que l’espérance de vie augmente, donc le départ à la retraite doit être plus tardif, Nicolas Sarkozy avait réfuté cette dimension, et indiqué que « la retraite, ce n’est pas un problème d’épargne, mais de travail ». De ce fait, le chef de l’État avait déjà la solution au problème des retraites.

Céline Tabou 


Les Français fatigués des promesses

Communication à outrance, fausse réforme, casse sociale, les Français sont prêts à la grève reconductible, si la réforme des retraites actuellement en débat au Sénat passe. En effet, les nombreuses promesses de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle, et notamment son credo : « Je veux porter le changement. Je veux être celui qui démontre que l’on peut faire reculer les injustices en France » (Le Figaro, 01/12/2006), montrent que l’homme a surtout joué avec les effets d’annonce et la com’ qui va avec.
Preuve du mécontentement face aux non-promesses électorales de Nicolas Sarkozy, sa cote de popularité continue de stagner au plus bas au mois de septembre, selon l’Observatoire de l’opinion réalisé par LH2 pour Nouvelobs.com et publié mercredi 29 septembre. Nicolas Sarkozy remporte 34% d’opinions positives (dont 7% d’opinions "très positives"), et 58% des sondés ont une opinion négative, dont 32% "très négative" du président. Conscients que le candidat du changement n’a pas apporté les solutions aux problèmes économiques, les Français commencent à comprendre que les intentions de Nicolas Sarkozy sont purement électives. En effet, ce dernier a tenté de récupérer les voix du FN avec sa politique sécuritaire, et celles des catholiques, en allant voir le Pape Benoit XVI.


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