Luttes sociales

Accord salarial : du jour à la nuit sur RFO

Que s’est-il passé dans le service public ?

Manuel Marchal / 8 août 2009

Ce qui peut différencier 12 heures de 19 heures 30 dans le mois d’août de l’hiver, c’est le jour à midi et la nuit à 19h30. C’est une réalité partout à La Réunion. Mais hier à RFO, cette expression se vérifiait dans toutes ses dimensions. Et pour rendre compte de l’extension à tous les bas salaires de l’augmentation de 50 euros, cela a été le jour et la nuit dans la station du Barachois : de l’ouverture du journal à la quasi-censure.

Hier à 12h, RFO ouvre son journal radio sur l’annonce de la publication au "Journal officiel" de l’extension de l’accord signé par le MEDEF et l’Intersyndicale à toutes les entreprises de La Réunion. À n’en pas douter, c’est l’information de la journée, disait la radio du service public qui cite le communiqué d’Agir pou nout tout. Plus de 110.000 travailleurs sont concernés par cette mesure qui concerne non seulement ceux qui ont droit au RSTA, mais aussi ceux qui ont un salaire inférieur à 2,17 SMIC, annonçait la radio du service public.
Et à la fin du journal radio de la mi-journée, Radio-Réunion répétait à nouveau ce qu’elle considérait comme l’information de la journée : l’extension de l’accord MEDEF-COSPAR à tous les salariés concernés à La Réunion.

Hier à 19 heures 30, RFO-Télé ouvre son journal sur un long sujet sur la grippe A. Pourtant, tous les Réunionnais savent que l’information principale du reportage date de plus de 24 heures. Jeudi après-midi, la DRASS avait en effet fait un point presse sur l’évolution de l’épidémie à La Réunion. Il est ensuite question de tricot. Les Réunionnais apprennent que les ventes de pelotes de laine augmentent aux mois de juillet-août. Logique, c’est l’hiver.
Puis le journaliste annonce que les salaires vont augmenter d’au moins 50 euros avec l’extension de l’accord, même si la CGPME et d’autres organisations ne sont pas d’accords et enchaîne aussitôt sur la présentation d’un reportage sur un chantier dans la rivière Saint-Denis.

C’est tout. Vraiment le jour et la nuit par rapport au journal radio de midi. Ce qui 9h30 auparavant était annoncé comme l’information de la journée fait l’objet d’un "service minimum", le communiqué de l’Intersyndicale pourtant diffusé à tous les médias durant l’après-midi n’est pas cité, tout comme celui d’Agir pou nout tout publié le matin. Personne n’est interrogé sur cette information capitale pour plus de 100.000 Réunionnais et leurs familles.
Ceux qui ont la responsabilité de définir le contenu du journal télé du soir aurait-il sans doute préféré censurer totalement cette information ce qui explique ce "service minimum" ? C’est la question que l’on peut se poser lorsque l’on voit comment l’information a été traitée dans le journal du soir.
Car comment censurer ce que l’on présentait soi-même comme l’information de la journée ? En glissant discrètement l’information entre le tricot et des images de pelleteuses ? Décidément, RFO, service public, c’est sakifo pas pour que le travailleur soit informé sur ses droits !

M.M.



Kanalreunion.com