Luttes sociales

Air Austral : qui bluffe qui ?

Dans deux jours, la réorganisation du capital

Manuel Marchal / 4 juillet 2012

Il reste deux jours avant la prochaine Assemblée générale d’Air Austral. Une restructuration du capital est à l’ordre du jour. Se pose alors une question : qui a bluffé qui ?

La restructuration de capital à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée générale d’Air Austral va marquer un tournant dans l’histoire de cette société. Deux décisions doivent être prises. Tout d’abord, la réduction de la valeur de l’action de 450 à 20 euros. Ensuite, l’émission de 3,5 millions d’actions de 20 euros pour couvrir l’augmentation de capital. Ce procédé aura des conséquences en modifiant les rapports de force au sein de l’actionnariat.
Principale actionnaire, la SEMATRA est constituée en particulier par les fonds publics de la Région et du Département. Il est aujourd’hui difficile de dire que sa Direction a comme priorité la défense des intérêts des Réunionnais. Car depuis 2010, c’est la Région qui y détient le pouvoir, et ses dirigeants se sont plus illustrés dans l’arrêt des projets que dans la construction d’infrastructures.
Il suffit de constater l’arrêt des projets, et l’accumulation de 650 millions d’euros de crédits européens qui n’ont pas été engagés et risquent d’être perdus pour notre pays.

Et les intérêts de la population ?

En septembre 2010, après un coup de force d’une violence inouïe qui a frappé une femme sans que les défenseurs des droits des femmes réagissent, la présidente du Conseil général a été expulsée de la présidence de la SEMATRA.
Installé à sa place, Didier Robert a pu faciliter la suite du plan. Il réussit à obtenir le soutien de plusieurs actionnaires pour renverser le Conseil de surveillance et ensuite s’octroyer le titre de président d’Air Austral.
Ainsi il prenait le contrôle de la dernière barrière qui protégeait les intérêts réunionnais dans la compagnie. Il ne fallut guère attendre longtemps pour que des anciens cadres d’Air France prennent la Direction opérationnelle d’Air Austral, et mettent en œuvre une politique commerciale favorable aux intérêts d’une société française confrontée à une grave crise au détriment d’une compagnie réunionnaise.
Manifestement, les intérêts de la population réunionnaise passent après ceux d’Air France. Et pourtant, ce sont les Réunionnais qui financent de fait la SEMATRA via les collectivités.

Réponse vendredi

L’Assemblée générale de vendredi prévoit une restructuration du capital.
C’est là que se pose une question : qui a bluffé qui ?
En effet, pour parvenir à renverser l’ancien Conseil de surveillance, Didier Robert avait besoin d’autres actionnaires. Quant aux chefs d’entreprise qui ont soutenu le changement de la Direction politique d’Air Austral, puis celui de la Direction opérationnelle, ils veulent rentabiliser leur investissement. Vendredi, nous saurons qui bluffe qui.

M.M.


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