Luttes sociales

AJFER : « Les responsables du chantier cherchent à justifier l’injustifiable »

Ferme photovoltaïque de la Plaine de Cafres

Témoignages.re / 12 mai 2012

Les Réunionnaises et les Réunionnais sont à nouveau exclus de l’emploi, comme nous le révèle la presse locale ces jours-ci ainsi que des associations militantes. Cette fois, cela se passe sur le chantier de construction d’une ferme photovoltaïque à La Plaine des Cafres : 150 Portugais ont été recrutés. Un communiqué de l’Alliance de la jeunesse pour la formation et l’emploi à La Réunion.

Pour rappel et selon la dernière enquête emploi menée par l’INSEE, 29,5% de la population est au chômage ainsi que 60% des jeunes de moins de 25 ans. Derrière ces chiffres, il y a bien évidemment des hommes et des femmes, qui aspirent à des conditions de vie meilleures, à la dignité dans le travail.

On apprend que les délais à tenir dans la livraison du chantier seraient la principale explication de ce recrutement Portugais, chantier qui a pris du retard en raison de conditions climatiques défavorables, pourtant courantes à la Réunion.

L’AJFER considère qu’il est injuste que par le manque d’anticipation de quelques dirigeants, les Réunionnais soient privés d’emplois.

L’AJFER estime que l’urgence évoquée par le maître d’ouvrage pour terminer le chantier ne peut suffire à justifier le recours à la main-d’œuvre extérieure, partant du principe que la seule véritable urgence à la Réunion réside d’abord dans la nécessité de tout mettre en œuvre pour résorber le chômage de masse dans l’île, condition évidente de l’émancipation des Réunionnaises et des Réunionnais.

Concernant l’impact sur l’économie de l’île suite à la venue de ces travailleurs, l’AJFER considère que cet argument ne tient pas la route dans la mesure où, les Réunionnais en activité dans l’île contribuent également, voir plus à l’économie locale.

Vu les conditions dans lesquelles exercent ces travailleurs Portugais (journée de douze heures, travail pendant les jours fériés...), l’AJFER se pose la question des véritables motivations de l’entreprise concernant le choix de recrutement.

La légalité de ces méthodes ne peut pas nous faire oublier la responsabilité commune que nous devons avoir en faveur de l’emploi local, aux Réunionnais. À nouveau, l’AJFER dénonce fermement ces méthodes et rappelle que la priorité des priorités dans l’île doit être de tout mettre en œuvre pour lutter contre le chômage de notre population.

L’AJFER rappelle qu’elle a émis un certain nombre de mesures destinées à ce que ce genre de situation ne se reproduise plus, notamment :

- l’obligation pour tous les employeurs de déposer leur offre d’emploi au Pôle Emploi. Aujourd’hui, seulement 45% des offres d’emplois de La Réunion passent par le Pôle Emploi ; Mesure nécessitant bien évidemment que l’on renforce les moyens de Pôle Emploi,

- le recours aux entreprises extérieures uniquement si les entreprises compétentes n’existent pas sur l’île,

- la définition des secteurs porteurs d’emplois,

- dresser le besoin prévisionnel en emplois qualifiants à La Réunion et dans la zone océan Indien sur plusieurs

années afin d’adapter les formations.

La majorité des dirigeants à la Réunion se disent aujourd’hui favorable pour qu’à diplômes égaux, la priorité dans l’embauche soit donnée aux Réunionnais. Ces déclarations montrent une évolution considérable, mais doivent désormais être accompagnées d’actes et d’une volonté politique sans faille.

Si de plus en plus d’affaires de ce genre sont révélées au grand jour, pas grand-chose n’est fait pour que cela ne se reproduise pas dans le temps. Nous devons apporter des solutions viables.

L’AJFER entend bien poursuivre la lutte dans ce sens, car chaque jour, la situation économique et sociale de l’île nous l’exige un peu plus. L’AJFER appelle donc l’ensemble des acteurs et dirigeants de l’île à en faire de même.


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