Luttes sociales

AJFER : « Rentrée scolaire : en finir avec la précarité dans l’Éducation nationale ! »

Après l’annonce du report de la rentrée par l’Association des maires

Témoignages.re / 10 août 2012

Dans un communiqué diffusé hier, l’Alliance de la jeunesse pour la formation et l’emploi à La Réunion (AJFER) demande d’agir pour que les agents travaillant dans l’Éducation nationale ne soient plus contraints à des contrats précaires. Cela permettra alors à la rentrée de se dérouler dans des conditions suffisantes de sécurité, car les crédits seront toujours prévus pour payer ces agents

« L’association des maires de La Réunion (AMDR) a décidé à la quasi-unanimité de repousser la rentrée scolaire des écoles maternelles et primaires. L’AJFER salue et soutient la position des maires, soucieux d’assurer aux élèves une rentrée dans les meilleures conditions.
À peine trois mois après l’élection du nouveau président de la République et du Gouvernement, la réalité est une aggravation de la situation dans le service public. L’actuel président de la République a fait de l’Éducation nationale, la priorité de son quinquennat : elle doit être suivie d’actes concrets.
Aujourd’hui, la rentrée des classes à La Réunion est menacée du fait de la suppression d’un nombre important de contrats aidés. Derrière ces chiffres, ce sont plus de 122.000 enfants qui sont dans l’attente. La menace qui pèse sur cette rentrée scolaire est la conséquence d’une précarité grandissante au sein de l’Éducation nationale.
Notre île est déjà frappée par une situation économique et sociale difficile. Nous comptons plus de 120.000 illettrés et les derniers chiffres de l’INSEE mettent en exergue que l’illettrisme toucherait 15% des Réunionnais de 17 à 19 ans en 2009, soit trois fois plus que dans les autres régions de France.
Au-delà de la priorité donnée par le président de La République à l’Éducation, une des revendications fortes du Gouvernement a été l’annonce de 60.000 postes supplémentaires dans l’Education nationale. Or, cette mesure n’a pas été suivie à La Réunion, qui s’est vu attribuer 15 postes supplémentaires dans le primaire.
Pour répondre à l’urgence de cette rentrée scolaire, qui aura normalement lieu dans une semaine, l’AJFER demande l’attribution de contrats en nombre suffisant pour garantir la rentrée des classes dans les meilleures conditions d’hygiène et de sécurité.
La rentrée scolaire et l’Éducation nationale ne doivent pas et ne peuvent pas reposer sur de la précarité. La priorité doit être réellement donnée à l’Éducation nationale, par la mise en place de véritables contrats pour tous les acteurs de ce service public, et à tous les niveaux, avec un véritable statut et un plan de formation adapté.
Enfin, l’AJFER demande à ce que l’on dresse le besoin en personnel dans l’Education nationale à La Réunion sur plusieurs années afin de pouvoir adapter les formations à tous les niveaux.
La rentrée scolaire est un jour important pour les 122.000 élèves du premier degré, mais aussi pour leurs parents et les personnels. C’est bien de l’avenir de notre éducation et de nos enfants dont il est question. Plus que jamais l’État doit prendre la mesure du problème et apporter des réponses à l’urgence en mettant tout en œuvre pour que cette situation ne se reproduise plus. Nous devons protéger notre jeunesse pour garantir l’avenir de notre île
 ».

Soutiens à la décision de l’Association des maires

Dans un communiqué, le SGEN-CFDT prend acte de l’annonce faite par l’Association des maires du département de La Réunion (sauf de Saint-Denis) de reporter la rentrée, prévue le 16, à une date ultérieure. « La précarité de la société réunionnaise, dans tous les domaines nécessite du ministre des Outremers, Monsieur Lurel, un regard particulier qui collerait aux "30 propositions du gouvernement pour les Outremers" », estime le SGEN-CFDT.

Le SGEN-CFDT déplore cette situation, mais soutient toutefois l’action de l’AMDR en espérant qu’une solution sera trouvée, cet après-midi à la Préfecture.

Pour sa part, la FCPE prend acte de la motion de l’AMDR (Association des maires de La Réunion), « motion historique qui dépasse les clivages politiques et quasi-unanime, signée par 23 maires sur 24 ».

« La rentrée ne peut se faire dans les écoles maternelles si l’ensemble des conditions d’accueil, d’hygiène et de sécurité n’est pas assuré », ajoute la FCPE. « La responsabilité des maires est engagée et les parents ne sauraient accepter des conditions d’accueil au rabais ».


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