Luttes sociales

Amplifions la mobilisation

Après la réussite des défilés du 7 septembre

Témoignages.re / 9 septembre 2010

Les corrections à la marge proposées par le gouvernement sont loin de répondre aux attentes des millions de personnes qui ont défilé mardi. À l’heure où nous mettons sous presse, les syndicats en France sont toujours réunis pour décider de la suite de la mobilisation.

Les modifications proposées par l’exécutif au projet de loi que les députés ont commencé à examiner ont été aussitôt décriées par les syndicats. Cela ressemble « à du bricolage » et « ne règle pas les problèmes de fond de la réforme », pour la CFDT. Ce sont « des mesurettes » pour FO et des « ajustements nettement insuffisants » pour l’UNSA.
Tous les syndicats réclament le maintien de l’âge légal à 60 ans et à 65 ans pour une pension sans décote.
Alors que la discussion générale sur les retraites a repris mercredi après-midi à l’Assemblée nationale dans un climat toujours tendu, l’opposition a aussi critiqué les annonces de l’Elysée, le PS estimant qu’elles « vont plutôt stimuler » la mobilisation, et le PCF qu’elles sont « totalement insuffisantes ».
Deux organisations patronales ont aussi exprimé leurs réserves, la CGPME s’inquiétant des propositions sur la pénibilité et les carrières longues faisant peser un « risque non négligeable sur le bénéfice financier attendu de cette réforme », et l’UPA (artisanat) mettant en garde contre une « reconnaissance sans limite de la pénibilité », synonyme à ses yeux de hausses d’impôts pour les entreprises.
La réponse des huit syndicats à Nicolas Sarkozy devait arriver mercredi en fin d’après-midi, alors qu’une réunion commune a débuté à 15H00, heure de France, au siège de la CGT à Montreuil.
La centrale de Bernard Thibault propose « un programme d’initiatives pour les prochaines semaines contribuant à ancrer et à élargir la mobilisation dès les prochains jours ».
Pour la CGT, il s’agit donc de ne pas brûler les étapes mais de tabler sur un enracinement du mouvement d’ici l’adoption définitive du projet de loi sur les retraites, prévu d’ici novembre.
Selon le numéro deux de la CFDT, Marcel Grignard, une nouvelle journée d’action « le 18 ou 19 septembre », qui tombent un samedi et un dimanche, « ou début octobre fait partie des hypothèses ».


Christian Picard, secrétaire général de la FSU

« Continuer la mobilisation jusqu’au retrait du projet de loi sur les retraites »

Pour ce syndicat : « L’unité publique et privé démontrée (mardi 7 septembre -NDLR) ne doit pas s’arrêter a une seule journée d’action mais s’inscrire dans la durée ».

Les salariés du public et du privé se sont mobilisés pour réaffirmer leur opposition au projet de réforme injuste et inacceptable du gouvernement, notamment au report des âges légaux à 62 et 67 ans, ce qui pénalise particulièrement les salariés qui ont commencé à travailler jeune et ceux qui ont eu des carrières incomplètes. Elle aggrave les inégalités entre les hommes et les femmes.
La FSU se félicite de la forte participation dans la fonction publique et appelle d’ores et déjà ses militants et tous les fonctionnaires à continuer la mobilisation jusqu’au retrait du projet de loi sur les retraites. L’unité publique et privé démontrée aujourd’hui ne doit pas s’arrêter a une seule journée d’action mais s’inscrire dans la durée. Avec la situation économique et sociale de La Reunion, si cette reforme est votée, c’est la paupérisation d’une grande partie de la population.


Alain Olive, secrétaire général de l’UNSA

Les « premiers effets »

Après les déclarations du président de la République : quelques infléchissements nettement insuffisants.

Le succès de la mobilisation du 7 septembre, qui a réuni plus de 2,5 millions de personnes dans la France entière, a déjà fait sentir ses premiers effets.
Cette mobilisation a obligé le président de la République à « sortir du bois » et à annoncer de nouvelles mesures qui seront présentées sous forme d’amendements lors du débat qui s’engage à l’Assemblée.
Ces mesures constituent certes un infléchissement par rapport au projet initial, notamment sur la « pénibilité » et les carrières longues mais pour l’UNSA, cela reste notoirement insuffisant.
Si le président de la République et le gouvernement veulent vraiment que le conflit s’apaise, ils doivent faire des concessions sur les mesures qui sont au cœur du projet : les mesures d’âge.
Le gouvernement devrait aussi revenir sur l’équilibre financier du projet et faire participer de façon plus conséquente les hauts revenus et les revenus du capital au financement de notre système de retraite.


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