Luttes sociales

ARAST : nouvel éclaircissement

Geoffroy Géraud-Legros / 4 avril 2011

Près d’un an et demi après la chute de l’ARAST, la responsabilité des dirigeants commence enfin à être questionnée. Premier pas vers une clarification généralisée ?

Revenant sur la chute de l’ARAST, le “JIR” de samedi dernier évoquait un audit réalisé en 2006. Sans ambiguïté, ce document dénonçait une dérive des dépenses des dirigeants, plus particulièrement situées dans la communication, l’usage du téléphone et les déplacements en Métropole. Notre confrère note de surcroît que les responsables de l’association déchue ont tous, de près ou de loin, retrouvé du travail dans les services de la commune où se situait le siège de l’ARAST… un sort qui, précise l’article, contraste avec celui de nombreuses salariées. Plusieurs centaines d’entre elles demeurent sans emploi ; interrogées, elles sont nombreuses à souligner que leur passé à l’ARAST agit trop souvent comme un repoussoir envers les employeurs éventuels.

Les points aveugles d’un scandale

Depuis la chute de l’ARAST, qualifiée par un journaliste réunionnais de « plus grave faillite de l’histoire réunionnaise », “Témoignages” n’a cessé d’interroger la responsabilité des dirigeants de l’association. Un questionnement bien naturel : l’effondrement d’une structure brassant des fonds considérables et employant un nombre conséquent de travailleuses, dans le domaine social qui plus est, aurait dû susciter les commentaires de ses dirigeants.

Silence et arrogance

Au vrai, on était en droit d’attendre que la démarche émane de ces derniers. Les choses, on le sait, se sont passées autrement : non seulement la direction de l’ARAST n’a pas pris la peine de s’exprimer, mais on a pu ressentir assez vite une certaine suffisance agacée, pour ne pas dire de la morgue, dans le silence de certains de ses membres. Dans une explication laborieuse transmise tardivement à la presse — une année après la crise ! — l’un d’entre eux est même allé jusqu’à qualifier de « populisme » les interrogations suscitées par son mutisme et la publication par notre journal de rémunérations et d’avantages que l’observateur le plus bienveillant trouverait, à tout le moins, discutables.
Au risque d’encourir une fois encore l’accusation de « populisme », l’auteur de ses lignes, qui fut maintes fois pris à parti personnellement par des protagonistes de l’affaire, voudrait rappeler que le mouvement des travailleuses ne s’était, lui, pas trompé de cible… du moins à son commencement.

Hold-up sur le mouvement social

Dès l’annonce de la chute de l’ARAST, ce fut bien devant le siège de l’association et devant celui des AGS que se rassemblèrent les salariées brutalement privées de travail. Il fallut toutes les manœuvres d’une Valérie Bénard, toute la naïveté obstinée de syndicalistes pris au piège d’une logique politique sans vouloir le reconnaître et toute la duplicité d’un représentant de l’État à la partialité affirmée, pour que les travailleuses se retrouvent à concentrer leurs attaques contre le Conseil général. Dans le fracas des invectives lancées par Valérie Bénard et ses second-e-s contre la présidente de l’Assemblée départementale, il devint facile aux responsables de l’ARASTdéchue de s’éclipser… et au président de l’AGS de garder la main sur un argent qu’il devait aux travailleuses, mais que personne, "Témoignages" mis à part, ne songeait plus lui demander.

Indispensable transparence

Là encore, les lecteurs de "Témoignages" se souviendront que leur journal fut le seul à pointer l’évidente collusion de l’UMP et de Valérie Bénard, qui devint visible pour tous lors de l’élection de cette dernière sur la liste du parti sarkozyste, à l’issue des régionales de 2010. Ces mêmes lecteurs trouveront dans nos archives des extraits de documents, dont l’audit précité de 2006, mais aussi d’autres références édifiantes, tels que la grille des salaires des dirigeants et le document assistant de la saisine de la Chambre régionale des comptes par Nassimah Dindar. Les médias qui ciblaient cette dernière pendant les temps forts de l’affaire n’avaient guère relayé ces informations. À l’heure où ces tendances fashionistes semblent s’estomper, on peut espérer que les dirigeants de l’ARAST, de l’AGS et les services de l’État s’acquitteront, enfin, des obligations de loyauté et de transparence minimales que doivent les acteurs politiques et sociaux à la population.

Geoffroy Géraud-Legros



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Messages






  • Si je ne me trompe pas, l’ARAST est la suite logique des associations telles Saint Jean de Dieu et Arfuts, qui avaient aussi à l’époque fait débat.
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    A l’époque, de nombreux observateurs avaient pointé du doigt la gestion calamiteuse de ces entités qui avaient fait diverses une des journaux locaux.
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    Le Conseil Général n’a fait que d"hériter d’un bébé pas forcement très propre, sur lequel nombre de personnes se posaient des questions sans qu’aucune solution n’ait été apportée.
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    Si le Conseil Général à fait confiance aux mêmes que ceux qui géraient les structures précédentes sans y regarder à deux fois, alors c’est bien évidemment une faute, mais le ver n’était t’il pas dans le fruit depuis bien plus de temps ? Avant même que la majorité actuelle ne récupère le bébé ?
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    Accuser le CG d’avoir coulé l’ARAST est bien une tactique politicienne.
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    Critiquer et détruire l’adversaire semble bien être le jeu politique favoris de certains, à droite comme à gauche.
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    A défaut de faire des propositions.

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