Luttes sociales

Aucune écoute des travailleurs de la S.I.B. par des patrons qui veulent « nous liquider »

5ème jour de grève de la faim hier de Jocelyn Rivière et Jean-Jacques Ferrère, en difficultés de santé

Correspondant Témoignages / 22 février 2014

Suite au combat mené depuis une semaine par les travailleurs de la Société Industrielle de Bourbon (SIB) autour de leurs deux camarades syndicalistes CGTR en grève de la faim depuis lundi dernier, de nouvelles discussions ont eu lieu hier dans l’entreprise portoise entre les patrons, les experts du cabinet ACCE et les patrons. Mais ces discussions n’ont toujours pas abouti et elles ont été suspendues à lundi. Quant à Jocelyn Rivière et Jean-Jacques Ferrère, sans alimentation depuis près d’une semaine, leur état de santé s’est dégradé et ils ont été pris en charge par les pompiers.

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Des échanges ont eu lieu hier en début d’après-midi entre les travailleurs, dont ceux en grève de la faim, et les experts, au cours de la pause lors des discussions avec les dirigeants de la SIB.

Nous avons rencontré hier les travailleurs de la SIB dans la cour de leur entreprise sur le front de mer de La Pointe des Galets, en début d’après-midi, lors d’une pause de leurs discussions entamées le matin avec les patrons de Colgate-Palmolive qui dirigent l’usine. Ils étaient révoltés par l’absence d’écoute de leurs interlocuteurs lors de ces entretiens d’une demie journée ; alors que les 33 salariés réunionnais se battent en toute légitimité pour leur respect de leur droit à l’emploi, les décideurs parisiens restent figés et veulent fermer l’entreprise pour augmenter toujours davantage leurs profits, qui sont déjà énormes.

Non seulement les patrons refusent de moderniser la SIB et d’en faire une coopérative, mais en plus ils refusent de donner des garanties d’emploi en cas de congé reclassement et des indemnités à la hauteur des besoins des travailleurs. C’est faire preuve d’un mépris énorme envers les travailleurs alors que ceux-ci n’ont cessé d’enrichir les actionnaires de Colgate-Palmolive depuis trente ans, au prix d’efforts quotidiens très pénibles dont ils paient aujourd’hui lourdement le prix sur le plan physique.

« Traités comme des esclaves »

D’ailleurs, lors de l’entretien que nous avons eu avec les travailleurs, ceux-ci étaient unanimes pour souligner la lourde responsabilité de la direction de Colgate-Palmolive dans ce dossier. « Nous avons été exploités à fond et traités comme des esclaves, en transportant chacun d’entre nous tous les jours 15 à 20 tonnes de marchandises, souvent dans des locaux amiantés », disent des travailleurs.

D’autres ajoutent : « La direction a gagné énormément d’argent sur notre dos et celui de nos familles mais aujourd’hui ils décident de fermer notre usine, alors qu’elle est parfaitement viable, et sans nous demander notre avis ; elle doit donc payer le préjudice qu’elle a commis, réparer ses erreurs du passé et les effets de la pénibilité qu’elle nous a imposée ». Que répondront les patrons à ces demandes légitimes et aux souffrances vécues notamment chaque jour davantage par Jocelyn Rivière et Jean-Jacques Ferrère en grève de la faim ?

Correspondant 


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