Luttes sociales

Augmentation des prix des carburants sans transparence ?

Agir pou nout tout et le pourvoir d’achat

Témoignages.re / 1er août 2009

Le collectif Agir pou nout tout a réagi à deux sujets d’actualité qui risquent d’avoir des impacts sur le pouvoir d’achat : l’éventuelle hausse des prix des carburants en septembre et l’extension de l’accord interprofessionnel régional (les 50 euros).

En ce qui concerne les carburants, le collectif est catégorique. « Il n’est pas question d’augmenter les prix des carburants en septembre. Ce n’est pas justifié », martèle Jean-Hugues Ratenon. D’abord parce que les marges des compagnies pétrolières sont deux fois plus élevées qu’en France. Ensuite parce que les taxes (octroi de mer, FIRT) sont moins élevées qu’en France (TIPP). Exemple : le prix du sans plomb est fixé à 1,20 euro à La Réunion. En France, le prix le plus bas s’élève à 1,12 euros. « Les stations ne travaillent pourtant pas à perte », commente le président du collectif. Peut-on vraiment affirmer qu’à La Réunion, le coût des pompistes justifie les prix des carburants ? Des pompistes qui sont souvent en contrat aidé, et vivent de bas salaires, selon Agir pou nout tout.

Pour une société régionale des carburants

La SRPP menace pourtant de stopper les livraisons de sans plomb si les prix n’augmentent pas à la rentrée. Un véritable chantage auquel le Préfet a le devoir de ne pas céder, pour le collectif. « La SRPP fait pression sur la société réunionnaise, c’est la démonstration même de sa position dominante, un comportement inacceptable ». Agir pou nout tout demande à l’État de geler les prix tant que la transparence ne sera pas faîte et, si besoin, de saisir le carburant de la SRPP. « Il est de la responsabilité de l’État de protéger la population et son pouvoir d’achat », insiste Jean-Hugues Ratenon.
Le chantage exercé par la SRPP devrait conduire à une nouvelle réglementation pour décider des prix. Le collectif propose de confier cette mission à l’Observatoire des prix et des revenus, sur avis de la DGCCRF.
Agir pou nout tout interroge : « Pourquoi la SRPP reste-t-elle à La Réunion si elle travaille à perte ? ». Une société régionale des carburants pourrait ainsi succéder à la SRPP.
D’ores et déjà, le collectif appelle la population à la mobilisation et les élus à réagir aux situations de monopole.

L’accord salarial doit s’appliquer à toutes les entreprises

En ce qui concerne l’extension de l’accord interprofessionnel régional, Agir pou nout tout considère que l’État est responsable de la levée de bouclier du petit patronat voulant imposer l’accord Bino. « Si les entreprises se retrouvent en difficulté, elles doivent se tourner vers le gouvernement. Mais l’extension des 50 euros doit s’appliquer à toutes les entreprises et associations ».
Le président du collectif rappelle au passage que les minima sociaux ont été exclus de toute augmentation de leurs revenus. Une incohérence de plus alors que la synthèse des États-généraux n’a cessé de souligner le problème de la pauvreté, avec 52% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté.
Enfin, il est aberrant, selon Jean-Hugues Ratenon, d’affirmer qu’il ne faut pas augmenter les bas salaires au risque de mettre fin aux allocations diverses. « Doit-on mettre tout le monde aux colis alimentaires ? », conclut-il.

Edith Poulbassia


Téléphonie mobile

L’Arcep baisse de 30 à 47% les tarifs de gros dans les DOM

Voici un article publié par le "Journal du Net" le 30 juillet 2009 concernant une décision de l’Arcep d’imposer aux opérateurs mobiles présents outre-mer de nouvelles baisses des tarifs de gros.

L’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) a pris la décision d’imposer aux opérateurs mobiles présents outre-mer de nouvelles baisses des tarifs de gros, c’est-à-dire les tarifs qu’ils se facturent entre eux pour acheminer leurs appels. L’objectif serait in fine de réduire les prix de détail, qui demeurent plus élevés qu’en métropole, mais seuls les opérateurs décideront de répercuter ou non ces baisses sur leurs clients.

Orange Caraïbe et SRR (Société Réunionnaise de Radiotéléphonie), jugés dominants sur leur marché, devront baisser leurs tarifs de gros de 37% et 35% respectivement sur l’année 2010. Des baisses de 30% à 47% seront appliquées aux autres opérateurs : Dauphin Telecom, Digicel, Orange Réunion, Outremer Telecom et UTS Caraïbe.

En début de semaine, l’Autorité de la Concurrence a infligé une amende de 27,6 millions d’euros à France Télécom pour « avoir entravé abusivement le développement de nouveaux opérateurs concurrents dans les DOM » entre 2001 et 2006. (Lire l’article "Haut-débit : France Telecom condamné dans les Dom" du 28/07/2009).


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