Luttes sociales

Barrage devant l’AGS

Action des anciens salariés de l’ARAST

Témoignages.re / 12 janvier 2010

Vers 15 heures 45 hier, les anciens salariés de l’ARAST (Association régionale d’accompagnement social territorialisé) ont levé le barrage mis en place à 12 heures rue Jean Chatel (Saint-Denis) à proximité du siège de l’AGS (Association pour la gestion du régime d’assurance des créances des salariés). Ils sont allés rejoindre leurs collègues regroupés au Conseil général où 6 personnes ont entamé une grève de la faim pour obtenir le versement des indemnités de licenciement. Résumé de la journée.

C’est aux cris de « AGS voleur », « AGS done nout largen » qu’une trentaine de manifestants ont bloqué la circulation au carrefour des rues Félix Guyon et Jean Chatel. Le siège de l’AGS se trouve à proximité. La structure refuse de verser les indemnités en question au motif que le Département à l’obligation légale d’intégrer les travailleurs sociaux. Elle ajoute que cette intégration entrainerait automatiquement une continuité d’activité et qu’il n’y aurait donc pas de licenciement… ni d’indemnités à verser. 


Vers 14 heures, les anciens salariés sont entrés dans le bâtiment depuis longtemps évacué par ses occupants. Ils sont alors redescendus dans la rue avant de lever le barrage moins de deux heures plus tard. Le petit groupe a donc rejoint les quelque 200 anciens employés de l’ARAST qui occupent le Conseil général depuis le mardi 5 janvier.

« Nous réclamons notre dû »

La mobilisation est même montée d’un cran hier. Comme ils l’avaient annoncé samedi, 5 ex-salariées et un dirigeant syndicale ont en effet entamé une grève de la faim. 

Sophia, ex-aide à domicile, Mimose, ex-technicienne d’intervention sociale et familiale, Yolaine, ex-responsable de secteur, Lucie, ex-chef de service, Corinne, ex-agent administrative, et Paul Junot, dirigeant de la CFTC, ont décidé de ne plus s’alimenter tant que les indemnités des personnels licenciés n’auront pas été versées. « Nous avons tout essayé pour montrer notre détresse, personne ne nous a écouté. Il ne nous restait plus que ce moyen pour essayer de nous faire entendre », commente Corinne. « Notre grève est symbolique. On ne peut pas se laisser faire sans réagir », remarque Mimose. 

Yolaine résume la pensée de tout le monde en notant : « Nous ne demandons pas la charité. Nous réclamons notre dû. Nous voulons nos indemnités. Peu nous importe de savoir qui doit les payer. Ils s’arrangeront entre eux après nous avoir versé notre argent ».
Lundi après-midi, l’intersyndicale CGTR-CFDT-US-Solidaires a abondé dans le sens de l’Association pour la gestion du régime d’assurance des créances des salariés. Elle a affirmé : « Il y a reprise déguisée d’activités, et pourtant, le Conseil général doit verser des indemnités. C’est quand même le budget annuel de l’AGS qui est sollicité sur ce seul conflit : quid alors malheureusement des nombreux futurs licenciés dans cette période de crise ? ». 


Les ex-salariés de l’ARAST confirment en effet qu’ils ont l’intention de rester au Conseil général tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction. « Nous serons là lorsque Nicolas Sarkozy viendra les 18 et 19 janvier et nous serons encore là après s’il le faut », disent-ils. 



Le soutien du Conseil général aux travailleurs

Vendredi, le Conseil général avait décidé de verser une aide d’urgence de 1.000 euros aux travailleurs sociaux qui percevaient moins de 2.500 euros nets par mois. Cette aide serait valable un mois pour les ex-employés ayant signé une Convention de reclassement personnalisée (CRP) auprès du Pôle Emploi, et de trois mois pour les autres.
C’est donc près d’un million d’euros que le Département s’engage à débloquer pour faire face aux carences de l’AGS et de l’État qui n’a pas réussi à faire respecter la loi pour le moment.


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