Luttes sociales

Bernard Gambier : les lois républicaines ne sont pas respectées dans les DOM

CGTR-FPT

Témoignages.re / 16 octobre 2010

Bernard Gambier, vice-président CGT du CNFPT a rencontré la CGTR Fonction publique territoriale hier. Il estime que l’État n’assume pas ses compétences à La Réunion et à Mayotte pour faire respecter les droits des agents territoriaux.

La CGTR-FPT a rencontré hier Bernard Gambier, vice-président CGT du CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale), dans le cadre de la tournée des 29 délégations régionales. L’occasion de faire le point sur la situation des agents territoriaux de La Réunion et de Mayotte, qui deviendra département en mars 2011.
Bernard Gambier n’hésite pas à affirmer qu’il est nécessaire de « faire respecter les lois républicaines dans les DOM ». Selon lui, « le minimum n’est pas respecté à La Réunion et la situation est pire à Mayotte ». Précarité, absence de plans de formation (seulement 3 collectivités en disposent), non-respect des droits syndicaux, manque de sécurité et d’hygiène sont les problèmes auxquels sont confrontés les agents territoriaux de La Réunion. Bernard Gambier dénonce ainsi la responsabilité de contrôle de légalité de la Préfecture. « L’État n’assume pas ses compétences », affirme-t-il.
Le vice-président CGT du CNFPT a promis d’intervenir pour remédier à cette situation. Un conseil d’administration extraordinaire sur la situation des DOM est prévu. Par ailleurs, le Plan national de développement 2011-2015 du CNFPT, adopté le 15 septembre, a validé des « orientations fortes pour l’Outre-mer ». Bernard Gambier précise que l’Outre-mer a été inscrite à la demande de la CGT parmi les 3 orientations prioritaires en matière de réduction des inégalités de formation professionnelle, de même que les agents de catégorie C et les filières techniques.

« Une main d’œuvre au rabais »

Si le CNFPT n’a pas le pouvoir de titulariser les agents territoriaux précaires, elle peut en revanche faciliter l’accès aux formations nécessaires pour les concours. Ainsi, 400 ATSEM ont pu se former au CAP petite enfance à Mayotte et pourront postuler aux concours.
Comme le rappelle Yves Gigan, secrétaire général de la CGTR-FPT, sur les 35.000 agents, 70% ne sont pas titulaires à La Réunion et un emploi sur 5 est occupé par un emploi aidé. Les non-titulaires n’ont pour la majorité même pas le CAP, ce qui bloque toute perspective d’évolution de carrière. L’illettrisme est aussi un fléau au sein de la fonction publique territoriale. Avec ceci, un agent non–titulaire a une rémunération moyenne de 1.200 euros après 30 ans de service. Yves Gigan affirme que ces agents vivent souvent en dessous du seuil de pauvreté.
La CGTR-FPT dénonce l’utilisation d’une « main d’œuvre au rabais sur du long terme » et demande un plan de titularisation avec indexation et majoration. Ainsi qu’une politique volontariste de recrutement pour remplacer les 38% de départ à la retraite d’ici 20 ans. Le préalable serait la mise en place d’un plan de formation adapté. Concernant la titularisation, Bernard Gambier estime que « l’État doit participer par des dotations spécifiques ».

EP


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