Luttes sociales

Bonus COSPAR : journée d’action le 29 novembre

L’Intersyndicale appelle à la mobilisation

Manuel Marchal / 9 novembre 2013

Instauré grâce à la lutte des Réunionnais dans la rue, le bonus COSPAR est une prime de 50 euros co-financée par l’État et le patronat. Les partenaires sociaux discutent actuellement de son avenir afin qu’il ne subisse par le même sort que le RSTA supprimé par le gouvernement. Mais face au blocage patronal, et devant l’attitude de l’État, l’Intersyndicale appelle à une journée d’action le 29 novembre pour débloquer la situation.

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Jacques Bhugon et Max Banon (CGTR), Éric Chavriacouty (UNSA), Paul Junot (CFTC), Jean-Pierre Paquiry (FO) et Jean-Odel Oumana (FSU).

Une rencontre entre l’Intersyndicale CGTR-CFDT-FO-UNSA-CFTC-FSU-SOLIDAIRES et le patronat était prévue hier. Elle devait porter sur l’avenir du bonus COSPAR. L’État veut se désengager, le patronat ne veut pas se substituer à la part de l’État, et l’Intersyndicale revendique l’intégration de la prime dans le salaire sans perte de pouvoir d’achat. Mais hier, pas de discussions. Le patronat demande que l’Intersyndicale lui communique le nombre précis de bénéficiaires du bonus COSPAR pour pouvoir discuter sur cette base. Éric Chavriacouty rappelle que malgré plusieurs demandes auprès des services de l’État, ce dernier est incapable de donner la réponse et semble donc « faire peu de cas par rapport à cette situation », indique le représentant de l’UNSA.

Pour Max Banon, le préalable invoqué par le patronat ne tient pas. L’INSEE a en effet publié une étude détaillée sur les salaires la semaine dernière. Elle dit qu’en 2010, 80% des salariés du privé sont éligibles à la prime COSPAR. Par ailleurs, quasiment tous les patrons sont adhérents à un syndicat, ils doivent donc avoir les moyens de recouper les informations relatives à la gestion des entreprises. Le patronat veut-il vraiment négocier ? C’est la question que pose le responsable de la CGTR.

Max Banon rappelle également que les deux collectivités les plus importantes, le Conseil général et la Région, ont adopté à l’unanimité des motions demandant le maintien du bonus COSPAR.

Pour débloquer la situation, l’Intersyndicale appelle à une journée d’action le 29 novembre prochain. « La question est posée sur les salaires, la population doit être solidaire », ajoute Max Banon. « Touche pas not salaire » pourrait bien être un des mots d’ordre, dit en substance Jacques Bhugon.

Outre le bonus COSPAR, l’extension des conventions collectives sera aussi dans les revendications.

Toutes ces questions seront abordées avec Michel Sapin, ministre du Travail, si ce dernier répond favorablement à la demande de rencontre formulée par l’Intersyndicale.

Cette mobilisation interviendra dans un contexte d’aggravation. Jean-Odel Oumana précise que 55.000 salariés gagnent moins de 9.000 euros par an, soit 77% du SMIC. La notion de travailleur pauvre est même reconnue par le gouvernement, ajoute Max Banon.

De plus, avec le chômage, la pression ne cesse d’augmenter sur les travailleurs. Avoir un travail devient un luxe, précise Jean-Odel Oumana, et s’il fait grève, le travailleur craint d’être licencié.

L’Intersyndical prévoit de déposer un préavis départemental pour le 29, ainsi que l’organisation d’un défilé. Quant aux discussions avec le patronat, elles ne sont pas rompues. Rendez-vous est pris pour le 29.

M.M.


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