Luttes sociales

Boycott de 4 syndicats sur 8 à la Conférence sociale

La rencontre tourne au fiasco

Céline Tabou / 9 juillet 2014

Au deuxième jour de la conférence sociale, la FSU et Solidaires ont claqué la porte mettant fin à la rencontre de François Hollande. De son côté, la CFDT a décidé de rester pour trouver « des solutions pour les 5 millions de chômeurs ».

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Ouverture de la conférence sociale lundi par François Hollande.

La troisième grande conférence sociale du quinquennat de François Hollande aura été un échec pour le gouvernement, en raison du climat tendu entre l’exécutif et les partenaires sociaux.

Des syndicats contestataires

La conférence a été un moment difficile, même si le gouvernement a maintenu l’organisation prochaine de négociations pour lutter contre le chômage, avec la mise en place d’un dialogue social qui devrait reprendre à la rentrée avec les contestataires. Lundi, Thierry Lepaon (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO) ont accusé Manuel Valls d’avoir cédé aux demandes du patronat sans l’avis des syndicats, principalement sur le report du compte de pénibilité et la simplification du code du Travail.
Mardi matin, la FSU, premier syndicat de l’Education, a claqué la porte, assurant que cette conférence sociale « est trop mal engagée en termes de méthode sur le dialogue social ». Pour la secrétaire générale de l’organisation, Bernadette Groison, il faut que « le gouvernement clarifie la manière dont il conçoit » ce dialogue social. Pour sa part, Solidaires avait déjà refusé de participer à la rencontre dès lundi.
En dépit, de la fronde des principaux syndicats, la conférence s’est poursuivie ce mardi, autour de sept tables rondes axées sur l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation, animées par neuf ministres. Les organisations patronales et les quatre syndicats réformistes (CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa) étaient présents.
Face à la désertion, la CFDT a justifié sa présence en indiquant « qu’il y a 5 millions de chômeurs, notre responsabilité est d’essayer de trouver des solutions et nous n’en trouverons pas si nous ne confrontons pas nos points de vue ». Laurent Berger, numéro de l’organisation a expliqué que « partir se réfugier je ne sais où, sans vouloir traiter le fond des problèmes, ça n’apportera pas les résultats que les salariés attendent », reconnaissant que la conférence sociale « devrait évoluer ».

Aucun dialogue social

De son côté, Force ouvrière a quitté la conférence pour « marquer le coup », et signifier au gouvernement qu’il prenait « un drôle de chemin », a expliqué Jean-Claude Mailly, à l’Agence France Presse. Pour ce dernier, le dialogue social est « interrompu » mais « pas rompu ». « Cette espèce de grand-messe, c’était comme un emblème pour le pouvoir actuel, et bien là, l’emblème en a pris un coup », a-t-il ajouté.
Le ministre du Travail, François Rebsamen, a lancé devant la presse qu’il « il ne faut pas être dans la menace quand on vient dialoguer », assurant que « des propositions seront faites dans la journée. J’appelle tout le monde au calme et au travail, c’est mieux pour les Français ». Dans la même lignée, la CFDT, CFTC, CFE-CGC et l’Unsa ont accusé les absents assurant que « la politique de la chaise vide est contre-productive ».
En dépit de cela, la situation est un pied de nez pour François Hollande. Il s’agit d’un « élément de fragilité du dialogue social », a estimé son homologue de l’Unsa, Luc Bérille. « Nous ne faisons pas la politique de la chaise vide, mais si nous ne sommes pas entendus, nous musclerons le jeu dès la rentrée de septembre », a évoqué Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC.
Au soir de la conférence sociale, le Premier ministre, Manuel Valls présentera la feuille de route sociale pour l’année à venir, dans la suite des déclarations de François Hollande lundi qui a évoqué sa volonté de renforcer la lutte contre le chômage en relançant l’apprentissage.
Le chef de l’Etat a également annoncé les prochaines négociations sur le chômage de longue durée et sur la modernisation du dialogue social. Concernant, le pacte de responsabilité, responsable de l’hostilité des deux syndicats CGT et FO, François Hollande a annoncé la mise en place d’un comité de suivi pour évaluer les négociations de branche sur les contreparties aux baisses de charges et pour faire le bilan des aides publiques accordées aux entreprises.

 Céline Tabou 


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