Luttes sociales

BTP : tous unis pour sauver l’essentiel

« Il serait irresponsable de ne pas nous répondre »

Témoignages.re / 10 septembre 2010

Intervenant hier soir dans le journal de Télé Réunion, Jean-Marie Le Bourvellec, président de la FRTBP, a expliqué combien la crise est profonde dans le BTP : chute de l’activité de 30%, 10.000 emplois supprimés, 800 logements construits au lieu de 8.000.

Tout le secteur du BTP réunionnais est dans la rue ce matin. Rendez-vous à 8h30 au jardin de l’État à Saint-Denis. Organisations de travailleurs et de patrons vont marcher côte à côte. Face à une crise sans précédent provoquée par des décisions politiques, c’est l’union de tous sur l’essentiel : survivre à la crise et sauver un outil de travail indispensable au développement du pays.
Jusqu’à 2008, le BTP était le moteur essentiel du développement de l’activité économique. Mais c’est là qu’il a commencé à subir les effets de plusieurs décisions politiques.
L’arrêt de la Rocade du Tampon par Didier Robert en mai 2007 a été l’élément déclenchant du sabotage : un investissement de plus de 110 millions d’euros est jeté à la poubelle par pur sectarisme partisan. L’année suivante, la nouvelle municipalité de Saint-Denis stoppe le Pôle océan et le Zénith de la CINOR. Ce sont près de 200 millions d’euros qui sont retirés aux entreprises réunionnaises, et à la place des équipements prévus pour la collectivité s’étalent aujourd’hui des parkings et des terrains vagues.

Conséquences du sabotage

Le gouvernement porte également une responsabilité dans la crise puisqu’il a cassé un dispositif qui permettait de construire près de 10.000 logements par an, et l’a remplacé par un autre qui n’est pas encore lancé. Force est de constater que le basculement de la défiscalisation de la construction privée vers le logement social n’est pas encore au point, et bloque les dossiers.
Hier soir dans le journal de Télé-Réunion, Jean-Marie Le Bourvellec, président de la FRBTP, a donné les chiffres de la crise. Des carnets de commandes qui passent de 2,1 milliards à 1,3, un effondrement de 30% de l’activité, 10.000 emplois supprimés, 8.000 logements construits avant la crise et à peine 800 aujourd’hui : rarement un secteur de notre économie n’a connu une dégringolade aussi rapide. Même la casse de la filière canne par les accords de 1969 a mis bien plus de temps pour supprimer autant d’emplois.
Le résultat, ce sont près de 20.000 familles réunionnaises plongées dans la détresse, et une aggravation de la situation pour tous les travailleurs licenciés. Et face à cette situation, « il serait irresponsable de ne pas nous répondre », a déclaré en substance Jean-Marie Le Bourvellec.
Rappelons que les premières décisions prises par la nouvelle direction UMP de la Région élue grâce à des dirigeants de la fédération PS a été de casser le plan de relance réunionnais négocié par Paul Vergès et signé par Dominique de Villepin, Premier ministre, et contre-signé par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur.

10.000 travailleurs jetés au RMI

Didier Robert a décidé d’empêcher le démarrage du chantier du tram-train, et de retarder à au moins à 2014 celui de la nouvelle route du littoral. Il permet ainsi au gouvernement qu’il soutient d’économiser près de 3 milliards d’euros, 3 milliards d’euros volés aux Réunionnais. À cela s’ajoute la première décision prise par la nouvelle direction : l’arrêt du chantier de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise et le gaspillage de l’argent épargné pour réaliser cet investissement.
La première conséquence de ces décisions, c’est d’enlever tout espoir de retour au travail aux 10.000 travailleurs déjà licenciés. Cela veut dire que dans quelques mois, ce seront 10.000 travailleurs qui seront condamnés au RMI car ils seront en fin de droit pour toucher les indemnités chômage.
La seconde conséquence, c’est d’enlever toute visibilité à la filière du BTP. Car aucun projet sérieux n’est proposé par la Région.
Les dernières annonces de Didier Robert à la sortie de la Commission permanente du 31 août ont en tout cas été suivies par l’appel à une mobilisation sans précédent du BTP.
Tous unis pour sauver l’essentiel, tous unis pour revendiquer le droit au travail et le refus du chômage et de la précarité, tous unis pour que les Réunionnais puissent avoir droit à un outil BTP indispensable pour construire les chantiers de La Réunion du million d’habitants : les dizaines de milliers de logements, le tram-train de Saint-Benoît à Saint-Joseph, la nouvelle route du littoral, la route de moyenne altitude prolongeant la route des Tamarins… tout cela doit être réalisé dans les 15 ans à venir. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois garantis pour les Réunionnais.

Manuel Marchal


Kanalreunion.com