Luttes sociales

« C’est vous qui décidez de mobiliser » !

AG du SNUIPP-FSU

Jean Fabrice Nativel / 5 octobre 2010

Le SNUIPP-FSU en Assemblée générale (AG) hier à Saint-Paul avec des professeurs des écoles du 1er degré a échangé sur divers points, et celui qui suscite de vives inquiétudes est la réforme des retraites déjà validée par l’Assemblée nationale avec l’aval des députés UMP de l’île qui ici tiennent un langage et là-bas un autre. Pour autant, quand on sait que l’Organisation de coopération et de développement économiques relève des dysfonctionnements dans le système éducatif français notamment, une baisse de moyens, on ne peut comprendre l’attitude de ces “parlmantèr”.

Au nombre des sujets d’inquiétudes des professeurs des écoles du 1er degré (maternelle, CP, CE1, CE2, CM1, CM2) du SNUIPP réunis en Assemblée générale toute la journée d’hier à Saint-Paul (1), il y a tout particulièrement la réforme des retraites. D’ores et déjà, certaines d’entre elles, mères de trois enfants, remplissant toutes les conditions au départ à la retraite, se demandent si elles pourront en bénéficier. Éclairage immédiat de Didier Gopal, secrétaire départemental de ce syndicat, sur ce point : « elles sont dans le flou ».

« Continuer » les actions

D’ailleurs, elles ne se font pas d’illusions et pensent « qu’elles vont travailler plus longtemps », si cette mesure — impopulaire — passe. C’est pourquoi « il faut continuer » les actions à son encontre, encourage-t-il, même si les journées d’action ou de grève ne se ressemblent pas les unes et les autres quantitativement. « C’est vous qui décidez de mobiliser », appelle-t-il. Plus que jamais, le rendez-vous du mardi 12 octobre est maintenu pour faire aussi la lumière sur les conséquences de décisions pourtant prises au plus au niveau sur cette profession de Professeurs des écoles (PE).

Si on se dirige vers une avancée de l’âge de la retraite à 62 ans et la durée de cotisation à 41,5 ans, cela changera-t-il quelque chose pour les nouveaux PE ?

« Une bonne retraite » à 66,5 ans

À vous de vous faire votre opinion quand on sait qu’en suivant une scolarité normale, on est PE à l’âge de 25 ans. Additionné au temps de cotisation, cela est égal à 66,5 ans, l’âge auquel l’enseignant pourra bénéficier « d’une bonne retraite ». La masterisation des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré n’a pas manqué de faire réagir le syndicat, qui voit en cette mesure un moyen pour « écarter la masse populaire » de cette profession.

Les postes de PE du 1er degré au concours en chute

Un métier où l’on regrette la baisse d’effectifs dans l’Académie de La Réunion, du moins pour les PE du 1er degré. Au concours 2009/2010, on enregistrait 121 postes et pour la présente, 62. Hélas, la raison première de cette diminution de postes est simple, on fait des économies. Ce ne sont pas les professeurs remplaçants qui vont pallier ce manque, car ils remplacent seulement un professeur en cas de stage. À moins que l’on veuille que cela soit autrement !

« Le gouvernement ne veut plus investir dans l’Éducation »

Sur le fait que le gouvernement ne veuille « plus investir dans l’Éducation », Didier Gopal attire l’attention. Les études de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) montrent que la France est à la traîne en matière d’Éducation. Comparé aux autres pays d’Europe, on a les "profs’" les moins bien payés et « 15% en moins d’investissement dans l’Éducation ». Dans l’île, que vont devenir ces « 113.000 » élèves inscrits en Zone d’éducation prioritaire (ZEP) ? Sans trop tarder, on entendra un ou plusieurs margoulins dire que si ces marmailles sont dans cette situation, cela incombe, d’une part, aux parents et, d’autre part, aux enseignants. Et non à l’État qui se désengage. Économie oblige.

Ce bric-à-brac de réformes et de mesures pénalise à la fois les PE, les élèves et les familles. Le gouvernement tournerait-il le dos à l’Éducation ? À l’écouter, non, mais à entendre les PE, oui. Ceux du SNUIPP-FSU ont décidé de se battre pour la sauver.

Jean-Fabrice Nativel

(1) À l’Espace culturel Leconte de Lisle.


Un doc’ de l’Inspection générale

Dans les mains de Didier Gopal, un document de l’Inspection générale sur la préparation de la rentrée scolaire 2010. D’abord confidentiel, il est tombé dans le domaine public et remarque une baisse des fonctionnaires, une augmentation du nombre de classes, des tensions entre professeurs du fait d’une multiplicité de dispositifs… C’est dire si l’éducation se porte bien ! D’ailleurs, savez-vous qui a commandé cette étude ? Le gouvernement.


Zot la di

• La bonification outre-mer est « sur la sellette », et comme « certaines bonifications, il ne faut pas se faire d’illusions, c’est dans les tuyaux ». Entendez par là fin de ces avantages.

« Une négociation, on se met autour d’une table et l’on fait avancer les choses » ensemble.

• L’« opposition entre catégories, c’est la politique du gouvernement ».

• En parlant de journée d’action ou de grève, « si on a envie que cette réforme de retraite ne passe pas, on ne regarde pas la forme (…), et le 12 octobre » , c’est bien parce que l’on est en vacances que l’on doit se mobiliser.


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