Luttes sociales

« Ce sont les salariés qui paient la crise »

Mobilisation intersyndicale pour le 1er Mai

Témoignages.re / 30 avril 2010

L’Intersyndicale, composée des syndicats CFDT, CGTR, FSU, UNSA, CFTC et Solidaires, lance un appel à la mobilisation ce samedi 1er mai 2010 contre la politique du gouvernement en matière d’emplois, de réforme des retraites et de pouvoir d’achat. Toutes les organisations syndicales seront dans l’action, exceptées FO et la CGC, pour dénoncer la situation « dramatique » de l’emploi à La Réunion, la vie chère, les conditions de travail qui se dégradent et l’avenir des retraites. « L’emploi est au centre de nos revendications. Sans emplois, pas de financement des retraites, pas de retraites suffisantes », soulignent les syndicalistes. « On est en train de faire payer la crise aux salariés », estime Ivan Hoareau de la CGTR. « Les orientations politiques visent un démantèlement de tout ce qui relève des systèmes solidaires », selon la FSU.

Sur le dossier des retraites, pour la CFTC, « il n’est pas question que ce soient les seuls salariés qui payent. Il faut aller chercher l’argent là où il est ». Les syndicats préconisent la répartition des richesses. « Il y a 75 milliards d’euros de niches fiscales. Là dessus, nous pourrions récupérer 15 milliards pour financer les retraites avec une autre vision de la société, basée sur la solidarité », indique Bernard Cadet de la CFTC.

Pour l’emploi des jeunes, Ivan Hoareau s’insurge : « Ils vont en prendre plein la figure. Sur ce sujet, il n’y a aucune solution proposée ».

Ivan Hoareau a ensuite appelé les organisations salariales à « rester fermes » sur les revendications et à descendre dans la rue. « Tant pis si nous sommes jugées comme des organisations qui broient toujours du noir et n’espèrent que la mobilisation. L’impact de la crise est réel et il mérite d’être évalué. Nous préconisons une étude approfondie sur ce sujet et fustigeons la casse des systèmes de répartitions par le gouvernement », réaffirme le secrétaire général de la CGTR.

Éric Chavriacouty de l’UNSA insiste : « Nous ne pouvons plus dire que nous sommes dans le domaine de la projection, de l’analyse. Aujourd’hui, le chômage ne fait qu’augmenter, les entreprises connaissent des liquidations, certaines qui sont de grosses structures de l’économie réunionnaise sont en plan de sauvegarde. Nous ne sommes plus dans le virtuel. Il en va de même pour l’aggravation des conditions de travail, de la multiplication des maladies professionnelles et de l’avenir des retraites ».

« Une situation dramatique aggravée par le manque de dialogue social », estime Ivan Hoareau. « Le gouvernement a tourné le dos à la démocratie participative. L’Homme n’a plus sa place dans les réformes », déplore le syndicaliste de la CGTR.

Jean-Pierre Rivière, secrétaire général à la CFDT, aborde « une question jusqu’alors jamais soulevée » : « Lorsque de grandes entreprises arrivent sur l’île, c’est le cas dans la grande distribution, ou encore pour les grandes majors comme celles qui sont venues pour la route des Tamarins, nous nous demandons où est le réinvestissement local. S’agit-il de venir "pomper" ce qu’il y a ici et l’aspirer au niveau national ? », s’interroge le syndicaliste. Un dossier du « réinvestissement local non élucidé » qui vient « conforter le sentiment des salariés d’être ceux qui payent la crise et qui renforcent la souffrance sociale », assure l’Intersyndicale.

Le rassemblement se fera à partir de 9 heures ce samedi, au Petit Marché à Saint-Denis, dans le bas de la rue du Maréchal Leclerc. Le défilé empruntera ensuite la rue piétonne, puis la rue de Paris, pour un rassemblement final devant les jardins de la Préfecture.


8.652,42 euros : le plafond des indemnités des élus

Dans l’article "Les cumulards font la loi" en page 2 de notre édition d’hier une erreur s’est glissée dans le montant relatif au plafond des indemnités fixée par la loi pour les élus, il fallait lire 8.652,42 euros. Toutes nos excuses à nos lecteurs.


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