Luttes sociales

Centrales thermiques : les salariés suspendent la grève

Les travailleurs réussissent à inscrire leur cause dans le débat national

Témoignages.re / 5 janvier 2011

Les machines des centrales thermiques de Bois-Rouge et du Gol vont redémarrer « dans les heures qui viennent ». L’annonce a été faite par Patrick Hoarau, délégué syndical à la CGTR hier. Il venait de terminer la réunion de médiation avec la Séchilienne Sidec, propriétaire des deux centrales thermiques. Cette décision a été prise en échange de l’assurance de l’organisation de deux réunions de négociation au niveau national d’ici le 7 février prochain. « Nous avons souhaité faire preuve de responsabilité », explique Patrick Hoarau. « Mais le mouvement peut reprendre à n’importe quel moment », a prévenu le syndicaliste. Cette proposition a été refusée par la Séchilienne Sidec.

C’est après plus de 3 heures de médiation à la direction du travail que l’annonce a été faite. « On nous a demandé d’avoir une attitude responsable et de créer les conditions pour que les négociations puissent se faire dans la sérénité. La CGTR a décidé de remettre en marche 2 tranches dans chaque centrale thermique », a annoncé Patrick Hoarau. La remise en marche de ces machines devrait permettre à Bois-Rouge et au Gol de produire 150 Mégawatts d’énergie électrique. « Additionné aux 250 Mégawatts fournis par EDF, cela devrait permettre d’alimenter normalement le réseau électrique local », expliquent les agents de la Séchilienne Sidec.
La décision de « mettre en pause la grève » a été prise en échange de l’assurance de la tenue de 2 réunions de négociation au niveau national d’ici le 7 février prochain. La première doit avoir lieu le 7 janvier prochain, avec la direction du groupe Séchilienne Sidec. Ensuite une autre « d’ici le 7 février » avec EDF et le ministère de l’Environnement et de l’Énergie. « Ils ont compris que nos interlocuteurs se trouvent au niveau national. Nous leur exposerons notre point de vue en espérant que nous serons écoutés », note Patrick Hoarau. « En attendant, le préavis est maintenu. La grève peut reprendre à n’importe quel moment. Mais pour l’instant, nous prenons nos responsabilités et alimenterons le réseau électrique réunionnais à hauteur de 150 Mégawatts jusqu’au 7 février », poursuit-il.
La proposition faite par la CGTR a été refusée par la direction de la Séchilienne Sidec. « Les salariés veulent autogérer nos usines en dehors de toute responsabilité. Nous refusons cette situation », a-t-il lancé. « J’accepterai de laisser la gestion de l’entreprise aux salariés si le préfet signe une décharge dans laquelle il exonère la Séchilienne Sidec de toute responsabilité, que ce soit au niveau de la technique, de l’environnement ou de la sécurité », ajoute-t-il. Le directeur de la Séchilienne Sidec Océan Indien ne décolère pas : « si la CGT veut racheter l’entreprise, je suis prêt à lui vendre. Mais soit, les salariés reprennent le travail normalement, sous la responsabilité de l’entreprise, soit ils poursuivent leur grève, soit ils acceptent les réquisitions du préfet », dit-il.
Aucune des 3 propositions ne semble intéresser Patrick Hoarau qui rétorque : « on rétablit le jus en se réappropriant l’outil de travail qui est le nôtre ». « Si le directeur ne veut pas qu’on reprenne le travail, il devra en assumer la responsabilité devant la population réunionnaise. Et qu’il ne vienne pas nous reprocher notre attitude », insiste le délégué syndical CGTR.
Fortement critiqués par l’opinion publique, les salariés grévistes souhaitent, au travers de cette action mettre en cause la direction de la Séchilienne Sidec. Ce que dénonce Pascal Langeron.
Patrick Hoarau a promis que les machines seraient remises en marche « dans les heures qui viennent ». Si c’est le cas, l’état du réseau électrique local devrait revenir à la normale aujourd’hui, le temps que les centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge fonctionnent à pleine puissance.


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