Luttes sociales

Cette nauséabonde politique de classe

Ivan Hoareau - CGTR

Témoignages.re / 11 février 2012

« Cette politique de classe de la France d’en haut contre celle d’en bas est manifeste, de plus outrageusement », analyse Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR. La suite est à lire ci-après.

« La politique d’activation des dépenses passives (terme abondamment employé par des politiques), c’est-à-dire le coup de pied au c… des chômeurs, présuppose que ces derniers soient responsables de leur propre état de chômeur. Elle nous amène à l’idée nauséabonde du référendum sur l’obligation à imposer aux chômeurs de prendre n’importe quel emploi. Sinon les coups de pied dans le bas du dos !
Les jeunes cherchent du travail (un droit, et non un privilège !) : les dizaines de milliers de demandes d’emploi recensées régulièrement en témoignent.
Le patronat par sa logique financière de court terme et le gouvernement par ses politiques d’austérité participent de la raréfaction de l’emploi.
Une majorité de jeunes et moins jeunes sont donc au chômage et il est juste et normal que la solidarité, par le biais d’indemnisations, joue afin de cohésion sociale et économique.
Alors, les patrons et le gouvernement lui disent : « Vous êtes assistés. Votre dignité passe par l’acceptation de n’importe quel emploi à n’importe quelles conditions salariales et de travail ».
Cherchez l’erreur !
Cette politique de classe de la France d’en haut contre celle d’en bas est manifeste, de plus outrageusement.
Elle est nauséabonde dans la résurgence d’une vieille idée réactionnaire qui postule que l’exclu est responsable de son exclusion, le pauvre de sa pauvreté. Comme d’ailleurs, le travailleur serait responsable de son accident de travail.
La peur du pauvre qui hante depuis des temps anciens la classe dirigeante. “La paix dans les châteaux et la guerre dans les chaumières”.
Elle est nauséabonde par le recours au référendum qui, en l’espèce, relève du plus pur populisme et de la plus crasse démagogie !
Une telle attitude, qui plus est du chef de l’Etat, stigmatise, divise et oppose au lieu de rassembler, surtout dans ces moments difficiles.
Trop de lignes jaunes ont été franchies par ce gouvernement, que ce soit dans son mépris pour et sa lutte contre les défavorisés, dans ses innombrables dérapages contrôlés en matière de racisme et de xénophobie, dans sa remise en cause du droit du travail par des mesures d’apparence techniques telles que l’oxymore TVA sociale et l’accord emploi/compétitivité, mais en fait vecteurs, au-delà de reculs sociaux, d’un recul de société. En effet, par delà les conséquences immédiates et graves (baisse des salaires et du pouvoir d’achat, essentiellement des plus pauvres), c’est in fine la privatisation de la protection sociale et la remise en cause de la hiérarchie des normes et du principe de faveur qui “compensaient” l’inégalité consubstantielle du contrat de travail salarial.
C’est la moelle épinière de notre société qui est frappée à plusieurs endroits.
Il est temps qu’il s’en aille, ce gouvernement.
Des élections seront nécessaires, mais la mobilisation sociale doit marquer de son empreinte indélébile pour que les choses changent, vraiment ».


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