Luttes sociales

CGTR Educ’action : « 6.000 postes dans le second degré : la grande illusion »

Les postes supprimés loin d’être remplacés

Témoignages.re / 4 juillet 2012

Dans un communiqué diffusé hier à la presse, la CGTR Educ’action estime que le compte n’y est pas pour la prochaine rentrée. Les 6.000 postes annoncés seront des précaires à 95%, et constituent en partie des renouvellements de postes contractuels déjà existants. Extraits du communiqué :

Le ministre de l’Éducation nationale a de nouveau annoncé qu’il allait créer 6.000 postes à la prochaine rentrée dans les collèges et les lycées. Cela devrait d’ailleurs se concrétiser (dans cet ordre de grandeur) dans le cadre du collectif budgétaire qui sera présenté le mercredi 4 juillet 2012. C’est surtout un beau coup de communication lorsque l’on regarde de plus près ce qui a été réellement annoncé.
Sur ces 6.000 postes supplémentaires pour les collèges et lycées, seuls 280 postes d’enseignants sont prévus : 70 en anglais, 60 en lettres, 90 en mathématiques et 60 en EPS. Ils seront pourvus par des candidats admissibles à l’agrégation, ce que permet la législation. Viendront les compléter 75 postes de conseillers principaux d’éducation (CPE), reçus sur liste complémentaire.
Les stagiaires bénéficieront d’une décharge de 3 heures, soit l’équivalent de 1.500 postes… Selon la presse, V. Peillon a parlé d’une « pression amicale sur les rectorats » et a expliqué qu’il aurait recours à « des remplaçants, heures supplémentaires et autres contrats ». Il semble donc que ce ne sera pas des créations de postes !
Sur ces 6.000 créations, il y a donc moins de 5% d’emplois statutaires de fonctionnaires et plus de 95% d’emplois précaires (AED, AVS, "médiateurs").
De plus, les emplois d’AVS vont remplacer ceux qui prennent fin le 30 juin et le 31 août. Ce ne sont donc pas des postes en plus et rien n’est garanti pour le réemploi de ceux dont le contrat se termine. Des centaines de personnes vont se retrouver au chômage sans perspective.
Ces annonces sont totalement inacceptables.
Il est nécessaire d’annuler les 6.500 suppressions prévues dans le second degré à la rentrée 2012. C’est indispensable pour que cette rentrée ne soit pas encore plus catastrophique que les précédentes.
Au contraire des affirmations de V. Peillon, il est possible d’annuler les suppressions. Il y a plus de 20.000 enseignants précaires, dont un certain nombre risquent de se retrouver au chômage à la rentrée. Il est possible de les titulariser immédiatement : ces personnels exercent dans les établissements depuis des années, ils ont "fait leurs preuves". Cette situation est intolérable.
Il est indispensable de créer un vrai statut de fonctionnaire pour ceux dont les missions sont d’accompagner les élèves en situation de handicap. Ce sont des missions pérennes, elles doivent être assurées par du personnel statutaire.
Il est indispensable que les EVS-AVS en fin de contrat soit réemployés, première étape vers leur titularisation sur poste.
Enfin, ces annonces ne concernent que des personnels enseignants et de vie scolaire. Rien ne semble prévu pour que la rentrée des personnels administratifs, techniques, santé/sociaux se passe dans des conditions acceptables, sans que leur charge de travail soit, une fois de plus, alourdie.
La CGTR Educ’action exige la restitution de l’ensemble des postes supprimés et la transformation des emplois précaires en emplois statutaires.
L’Académie de La Réunion qui cumule de lourds handicaps doit être placée dans l’immédiat en zone zéro suppression de postes, puis un plan de rattrapage doit être mis en œuvre au plus vite afin que notre système éducatif puisse tourner convenablement dans l’intérêt bien compris de nos élèves.


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