Luttes sociales

CGTR : « la politique d’austérité continue »

Réaction au discours de politique générale de Manuel Valls

Témoignages.re / 10 avril 2014

Le nouveau gouvernement Valls prend la même route que le précédent. Il veut aller plus vite et plus loin ….dans la même direction ! Pas celle que lui ont signifié les électeurs !

Loin de sortir du carcan européen fait d’austérité et d’agression contre les peuples, la réduction de 50 milliards d’euros, des dépenses publiques touchera en priorité les classes et couches sociales défavorisées. Les couches moyennes ne seront pas épargnées.

La protection sociale sera touchée dans son fondement même par le transfert des charges des entreprises vers les ménages.
L’Assurance Maladie est aux avants fronts de cette quête guerrière d’économies nourrie de la règle d’or et du Traité de Lisbonne.

Les collectivités déjà exsangues se verront privées de 10 md€ alors qu’elles sont pour 70% de l’investissement global du pays.

Le postulat exclusif de départ d’un coût du travail trop important est discutable quand on sait que le cout du travail n’entre que pour 20/25% dans le coût de production. Comment passer sous silence le coût du capital devant l’évolution vertigineuse des dividendes distribués ?
De ce postulât découlent l’ANI pour casser les « rigidités du code du travail » et le pacte de responsabilité pour « baisser le coût du travail ».

Qu’en est il du cadeau de 500 euros fait au travailleur ? Et bien c’est un subterfuge pour tromper celui ci !
Hormis les 4,5 md€ « pour » les travailleurs qui ne font pas le poids face aux 50 md€ (a minima) donnés aux patrons sans contreparties (c’est là oû le bat blesse - c’est ce qu’exprime le pacte de solidarité censé compenser celui de responsabilité !) ; ces 50€ sont payés par le salarié lui même sur son salaire différé. Que je sache un cadeau que l’on s’offre à soi même n’en est pas vraiment un !
Tenir le discours d’un geste du gouvernement envers les salariés n’est pas digne surtout quand on se prévaut du qualificatif de socialiste.

Hollande n’a pas tenu sa parole de réorienter l’Union Européenne vers plus de croissance et d’emploi, il a renié son fameux : « mon seul adversaire c’est la finance ». Ces renoncements ont un coût. Et ils sont supportés par les travailleurs qui ont en majorité voté pour lui.

Les travailleurs doivent se mobiliser massivement et faire irruption sur la scène sociale pour créer un rapport de forces qui leur soit favorable. Plus que jamais, leur sort est entre leurs mains et les organisations qu’ils se donnent.

Ils doivent dénoncer fermement en particulier la loi dite de sécurisation de l’emploi et le pacte de responsabilité qui sont au cœur des batailles politiques et sociales d’aujourd’hui. Ceux sont des marqueurs de la contradiction entre un syndicalisme de conquêtes de droits sociaux et de transformation sociale progressiste ou d’accompagnement d’un système mortifère surfant sur la fumeuse théorie de la fin de l’histoire.

Le 1er Mai doit être l’occasion de nous retrouver pour faire valoir nos revendications : salaires, emploi, respect.

Saint Denis le 10 avril 2014
Le secrétaire général de la CGTR
Ivan Hoareau


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