Luttes sociales

Chantier de la centrale EDF au Port : « Done Kréol travay » !

Témoignages.re / 4 août 2011

L’AJFER, l’ARCP, l’UNEF, Agir pou nout tout et le Comité des chômeurs et des mal-logés du Port, ont tenu hier une conférence de presse devant les grilles de la préfecture afin de dénoncer le recrutement de centaines de personnes sur le chantier de la nouvelle centrale EDF du Port.

Lancé pour répondre aux besoins énergétiques croissants de l’île, le chantier de la nouvelle centrale EDF au Port ne manque pas de faire réagir les acteurs sociaux depuis que la confirmation a été faite de l’embauche d’au moins une centaine de personnes venues de l’extérieur, notamment de l’Union européenne.

Pour Gilles Leperlier, président de l’AJFER, « on ne découvre rien, cette situation s’est vue dans le secteur public, notamment l’Éducation nationale, aujourd’hui on voit que c’est partout pareil et que le privé est aussi touché ». Rappelant les chiffres du chômage et le triste record que détient La Réunion en France et en Europe avec 55,3% des jeunes qui sont sans emploi, Gilles Leperlier dénonce le fait, qu’encore une fois, des emplois échappent aux Réunionnaises et aux Réunionnais alors que l’île ne manque pas de jeunes formés et compétents pour ces postes.

« À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles »

Aux freins législatifs évoqués par certains, Gilles Leperlier estime qu’il faut selon lui, « à situation exceptionnelle, des mesures exceptionnelles » et milite pour la priorité à l’embauche des jeunes Réunionnais, car même si la loi actuelle impose des choses, il n’en demeure pas moins que les injustices et les drames sociaux qui en découlent sont bels et bien présents.
Autre proposition, celle de dresser les besoins en emplois qualifiants à La Réunion afin d’y adapter les formations.
Du côté de l’UNEF, Stéphane Maillot, président, regrette que, connaissant le besoin de créer une nouvelle centrale, des formations n’ont pas été proposées pour que les jeunes de l’île puissent y travailler. Selon lui, « c’est un manque de volonté, on l’a vu sur d’autres chantiers, on a formé des jeunes en vue de la réalisation du projet ».

« Adapter les formations en fonction des besoins en emplois qualifiants »

C’est aussi là-dessus le point de vue de Maryse Dache qui estime que les jeunes Réunionnaises et Réunionnais et notamment les jeunes du Port, ville qui compte le plus fort taux de chômage à La Réunion, auraient dû être formés pour occuper ces postes.

Monique Iori, présidente d’Agir pou nout tout, est venue avec la copie d’une campagne d’EDF où il est indiqué : “EDF s’engage à l’insertion des jeunes Réunionnais”, que des paroles en vue du scandale révélé, c’est selon elle ni plus ni moins qu’un « effet d’annonce ».

« Une enquête parlementaire permettant la transparence des recrutements à La Réunion »

Le président de l’ARCP, Jean-Hugues Ratenon considère que cet énième scandale dans le recrutement des Réunionnaises et des Réunionnais est inacceptable et nécessite la mobilisation de l’ensemble de la population et notamment des élus à qui il suggère « l’union sacrée pour servir l’intérêt des Réunionnais ».

Du fait de la récurrence de ce problème et de la gravité de la situation, le collectif d’associations demande à ce qu’une enquête parlementaire soit mise en place afin de faire toute la transparence sur les embauches à La Réunion. Il demande par ailleurs des comptes au préfet de La Réunion et au Pôle Emploi. Un courrier adressé au préfet a été envoyé et demeure encore sans réponse.

« Nous devons savoir, quel rôle joue chaque acteur », a-t-il déclaré avant de s’interroger : « À qui profite le crime » ? Motivés plus que jamais à mener la lutte pour l’enrayement du chômage et surtout l’embauche des Réunionnais, des tracts seront distribués et des pétitions vont circuler. Le collectif d’associations n’exclut pas, prochainement, une manifestation devant le chantier EDF au Port.

Correspondante


Kanalreunion.com