Luttes sociales

Clinique de la Paix : « nous prenons nos responsabilités, nou lé kapab »

4 semaines de grève à la Clinique de la Paix à Saint-Benoît, la CGTR a trouvé un repreneur

Manuel Marchal / 5 janvier 2017

Cela fait 4 semaines que les travailleurs de la Clinique de la Paix à Saint-Benoît, entité de Clinifutur sont en grève. Le mouvement pourrait s’étendre demain à la clinique de Saint-Joseph, autre établissement du groupe. Si le point de départ du mouvement a été marqué par des revendications salariales, le conflit a pris une autre dimension avec la décision de Clinifutur de céder la clinique de Saint-Benoît pour l’euro symbolique. Depuis le début aux côtés des grévistes, la CGTR a trouvé un repreneur. La Clinique de la Paix pourrait ainsi devenir un pionnier de l’économie sociale et solidaire dans ce domaine. Mais l’État traîne des pieds… Max Banon, membre du bureau confédéral de la CGTR, apporte un éclairage sur ce conflit.

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Max Banon.

Quelle est l’origine du conflit social à la Clinique de la Paix ?

Max Banon : À l’origine, les travailleurs de Saint-Benoît ont déposé un préavis de grève. Ils demandent une augmentation de 250 euros par mois, et refusent la remise en cause du paiement des jours fériés. D’autres revendications portent sur les conditions de travail.

C’est alors que le PDG de Clinifutur, M. Deleflie, et le directeur de l’établissement ont proposé de céder la clinique pour l’euro symbolique à la CGTR. On ne peut que déplorer les propos tenus à cette occasion dans la presse par les dirigeants, qui ont laissé entendre en substance que « les salariés ne valent pas plus d’un euro ». Cela n’a fait qu’amplifier le mouvement de grève.

Le mouvement pourrait-il s’étendre ?

Max Banon : Les salariés de Saint-Joseph ont déposé un préavis de grève pour ce jeudi. Ils revendiquent 500 euros par mois. Il faut savoir que ce sont des aides soignants qui travaillent la nuit pour un SMIC. Ce sont donc des personnes diplômées sous-payées. Par ailleurs, les travailleurs demandent aussi à bénéficier du 13e mois.

Ces revendications peuvent-elles être satisfaites ?

Max Banon : Le groupe Clinifutur pèse 170 millions d’euros. À La Réunion, c’est la clinique de Sainte-Clotilde, celles de Saint-Joseph et de Saint-Benoît, les cliniques Jeanne d’Arc et des Orchidées au Port, ainsi que des maisons de retraite. De plus Clinifutur a investi à Paris, dans les Landes et au Tchad.

Nous estimons que les patrons doivent cesser de traiter les salariés de la sorte. Ils touchent des subventions de l’État, les travailleurs méritent mieux que de se faire insulter.

Il faut dire aux patrons : cela suffit !

Donc nous pensons que les moyens existent pour faire aboutir les revendications. C’est pourquoi, concernant Saint-Joseph, il est urgent que le groupe Clinifutur vienne à la table des négociations.

Au bout de 4 semaines de grève, quelle est la situation à la Clinique de la Paix de Saint-Benoît ?

Max Banon : La CGTR est d’accord pour la reprise de la clinique. Nous avons trouvé un repreneur qui est près à prendre la suite du groupe Clinifutur, tout en donnant satisfaction aux revendications des travailleurs.

Une première réunion a eu lieu mardi à l’Agence régionale de Santé avec une délégation de la CGTR. Malheureusement, nous sentons que l’État traîne les pieds. Nous avons pourtant un projet d’économie sociale et solidaire capable de préserver 50 emplois et d’en créer de nouveaux. Ce serait une structure novatrice à La Réunion.

Quelles sont les perspectives du mouvement ?

Max Banon  : En France, l’État a soutenu des salariés dans la même situation, nous en attendons de même ici et nous lançons un appel à la solidarité en direction des députés et plus largement des élus.

Comme l’indique le PCR, nous arrivons à l’heure de la responsabilité. Alors, face aux difficultés, nous avons décidé de prendre nos responsabilités et nous disons « Nou lé kapab à La Réunion ».

Nous lançons aussi un appel à la population, appel à la vigilance et à la solidarité. En 2017, nous choisirons des élus. Alors les candidats doivent savoir qu’il existe à La Réunion des Réunionnais qui disent « nou lé kapab de faire dans des situations difficiles ».



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  • Y déshabille Gustave pou habille Alphonse, mais entre temps les intermédiaires y récoltent les grosses parts de dividendes. Le fruit de labeur des membres d’un établissement est sitôt investis dans d’autres et pas forcément à la Réunion, mais toujours au détriment des travailleurs. Bien sur avec en toile de fond la rentabilité absolu. Cette grève pour accéder à un salaire décent et mérité par les travailleurs de la Clinique de la Paix, est le résultat d’une réaction face au comportement d’un groupe ultra libéral hostile à leur survie. Une minorité de patron oublie que les efforts et sacrifices fournis par les travailleurs permettent de créer la richesse de l’entreprise. L’action de ces travailleurs transforme en plus valus l’investissement initial. Mais dès que ces derniers réclament un minimum de reconnaissance, la réponse est le mépris : "démerde à ou oté, pran toute pou un euro ". Oussanoussava comme ça. Mètt pas kréol plus bas qu’ la terre. Dans la dignité la réponse des camarades a été chiche " Nous lé capable, nous lé pas plus, nous lé pas moins. Nous relève le défi ". Astère, ce patron lé pri par son propre jeu. Komme ki disait l’ancien : agarde un shien kan lé pri dann larozoire.
    Michel M

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