Luttes sociales

Comment s’en sortir ?

Précarité au quotidien

Jean Fabrice Nativel / 27 juin 2012

Inutile de vous rappeler, les chiffres catastrophiques du chômage d’ici ! Intéressons-nous à la vie des Réunionnaises et des Réunionnais qui chaque jour galèrent, s’interrogent sur l’avenir. Gageons que cela interpellera nos zélu ?

• Thierry

Une vie à payer

Thierry, on peut le dire, va de l’avant. Aujourd’hui, il est responsable d’un magasin d’une grande enseigne de services alors qu’il a débuté comme simple employé. Savez-vous sa rémunération ? Tenez-vous bien, il perçoit 1.280 euros net. Récemment, il négocie une augmentation. Inutile ! La raison, la crise. Pourtant, cette entreprise réalise du chiffre, note-t-il. Sur cette paie, il honore des frais. On dira même plus, tous les frais ! Heureusement que sa femme bosse. Formée et titulaire d’un bac +5, elle touche moins de 1.000 euros nets sur lesquels, le foyer soustrait encore des frais.

• Fabienne

Retour à la case mère

Mère célibataire, elle revit avec ses deux enfants à la maison mère. Elle bénéficie d’allocations certes. Cependant avant qu’elle ne sombre dans les dettes, elle a préféré ce choix. Malgré l’opération « prix solidaires » orchestrée par les rois de la grande distribution, les répercussions attendues sur la note sont loin de ses espérances. Pourtant, « je n’achète que des produits en promotion la plupart du temps », remarque-t-elle. Elle aussi est formée au métier de secrétaire (BTS) et malgré des entretiens d’embauches, rien de concluant pour le moment.

• Philippe

Destination la France

Dans l’immédiat, on ne le reverra pas de sitôt. Après de multiples tentatives tant dans la création d’entreprises que dans l’obtention d’un emploi, il se résigne à se lancer dans la formation de clip vidéo… en France. « Tout se passe bien », rassure-t-il. « Je me suis bien adapté au climat, aux gens ». En effet, le son et l’image sont des volets qui lui parlent. Il regrette qu’il ne s’y pas intéressait bien avant. Maintenant qu’il y est, il compte la boucler — la formation. Revenir à La Réunion, il n’y songe même pas. « A mon avis avec les opportunités qui me seront offertes, je vais avant tout acquérir savoir-faire et expérience », éclaire-t-il.

• Sylvaine

Employée sans être déclarée ?

Voilà une dame courage ! Dans un mois, elle se retrouve « en fin de droit d’allocations chômage ». Pour améliorer le quotidien, un couple lui a proposé quelques heures de ménage et repassage la semaine. Sauf qu’il déménage bientôt. Du coup, elle est privée de cette somme, ô combien importante. Elle lui permet d’acheter ses fruits et légumes, de payer une part de loyer. Elle a également postulé à des emplois de femmes de ménage — des annonces gratuites. Des particuliers lui proposent d’opérer sans être déclarée. Elle y réfléchit ?

• Natacha

« A mon âge qui va me recruter ? »

Un an au chômage, cette situation, elle la vit « très mal ». En 2010, « on n’a plus renouvelé mon CDD », évoque-t-elle. « Des promesses m’ont été faites sans qu’on les tienne », colère-t-elle. « J’aurai préféré qu’on soit franc avec moi », insiste-t-elle. Pour cette mère âgée d’une cinquantaine d’années, l’avenir forcément l’inquiète. « A mon âge qui va me recruter ? » Quand on sait que la tranche sénior affiche un haut taux de chômage. Il est vrai, elle a à se questionner.

En bref, il est certain que la vie devient de plus en plus précaire pour nombre d’entre nous. Aujourd’hui, ce n’est pas parce que l’on travaille que l’on vit aisément. Alors, n’en parlons pas lorsque l’on ne travaille pas. On peut se demander où va cette société et souhaite-t-on vraiment remédier au problème de l’emploi ?

JFN


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