Luttes sociales

Conseil d’État : une décision très attendue pour toute la politique des revenus Outre-mer

Lutte des travailleurs de l’énergie pour l’alignement de leur surrémunération sur celle des fonctionnaires

Manuel Marchal / 15 janvier 2011

L’actualité sociale de La Réunion est actuellement dominée par un mouvement des travailleurs de l’énergie. Ces derniers demandent la même surrémunération que les fonctionnaires sur la base d’un décret de 1946. Saisi de cette question, le Conseil d’État rendra une décision très importante, avec une portée allant au-delà du secteur de l’énergie. Car c’est toute une politique des revenus mise en place par l’État dans l’Outre-mer qui sera concernée par les effets de cette décision.

Pour Paul Vergès, le droit est avec les travailleurs d’EDF et de Séchilienne-SIDEC qui demandent une revalorisation du taux de leur surrémunération, de 25 à 53%. La revendication des salariés en lutte est simple : l’application d’un décret de 1946 qui prévoit l’alignement des suppléments de salaires des travailleurs de l’énergie sur ceux de la fonction publique d’État.
Le président de l’Alliance note que le débat est posé entre ceux qui bénéficient des 53% et ceux qui veulent faire appliquer ce principe. Le Conseil d’État est saisi de cette question, et il doit rendre une décision. Celle-ci sera scrutée avec attention par les parlementaires qui ferraillent chaque année pour demander une révision de la politique des revenus relevant de l’État Outre-mer. Le président de l’Alliance cite Pierre Méhaignerie et Jean Arthuis qui ne cessent de cibler les compléments de salaire et de pension versés par l’État à ses agents qui servent Outre-mer.
Paul Vergès rappelle que le système des revenus à La Réunion part d’une décision gouvernementale. L’État reconnaît que la vie est plus chère à La Réunion qu’en France, et sur cette base il augmente de 53% le salaire de ses agents. D’autres corps de métiers ont imité l’État. C’est le cas dans la Fonction publique territoriale où la titularisation se fait sur la base d’une prime de vie chère de 53%. C’est également la réalité dans le secteur parapublic et dans le privé, où des salariés titulaires touchent la surrémunération. Ce sont le résultat de luttes menées pour intégrer ces compléments de salaire dans les conventions collectives : 70% dans l’audiovisuel public, 53% à La Poste, 47% à la CAF et à la CGSS, 40% chez les notaires, ou encore 25 à 30% dans les banques.
Saisi par la direction de la Séchilienne-SIDEC, le Conseil d’État va-t-il dire qu’il faut appliquer l’arrêté et donc accorder immédiatement les 53% de bonus, ou alors va-t-il faire un autre choix ? Quelle que soit la décision, elle aura des répercussions dans de nombreux domaines.
Car si le décret de 1946 s’applique pour les travailleurs de l’énergie, cela concernera des salariés d’une entreprise publique (EDF), et ceux d’une société privée (Séchilienne-SIDEC). Si ce texte s’applique, le principe qui en découle visera l’ensemble des rémunérations à La Réunion, et aussi dans l’Outre-mer.
Mais si le Conseil d’État prend une autre décision, alors cela voudra dire qu’il déterminera le taux de surrémunération qui sera selon lui le plus équitable en fonction de la cherté de la vie.
C’est une décision gouvernementale qui est à l’origine de cette situation de surrémunération, rappelle le président de l’Alliance, c’est donc à l’État de régler cette question tout en ayant à l’esprit qu’il est impossible de remettre en cause les situations personnelles et les contrats passés entre l’État et ses agents en poste à La Réunion.

M.M.


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