Luttes sociales

Création de Femmes solidaires pour l’emploi

« Fiers du combat mené par les manifestants »

Céline Tabou / 23 août 2012

À l’occasion d’une conférence de presse, en marge de la manifestation des emplois aidés, Simone Yee Chong Tchi Kan et une dizaine de femmes de l’association Déclic Solidarité Krénos ont rappelé leur combat pour les contrats aidés qui leur ont été refusés. Elles ont aussi annoncé la création de Femmes solidaires pour l’emploi.

Ces femmes ont tenu à organiser leur conférence de presse afin de saluer le mouvement de contestation face à la diminution du nombre de contrats aidés. « L’histoire nous aura donné raison. Raison de se battre pour un contrat dans le cadre d’une formation et les perspectives d’un emploi pérenne », a expliqué Simone Yee Chong Tchi Kan.

« Près d’un de combat »

Cette dernière a retracé l’histoire des treize femmes de Déclic Solidarité Krénos, dont « les contrats aidés ont été validés par le Département, mais sont encore aujourd’hui bloqués ». Simone Yee Chong Tchi Kan a dénoncé « une connivence des pouvoirs publics qui ne donnent pas de raison à ce blocage ». Isabelle, secrétaire générale de l’association a évoqué les difficultés et pressions qu’elles ont subies de la part de responsables politiques.
Revenant sur mobilisation de l’Association des Maires du département de La Réunion face à la diminution des contrats aidés, les femmes ont salué la démarche et indiqué « nous avons eu un an d’avance. Nous nous sommes battues, seules, avec ces femmes privées de leur emploi, pour un contrat de six mois », a indiqué Simone Yee Chong Tchi Kan. Mais aujourd’hui « quand on voit la bataille des élus sur les contrats aidés, je pense que notre combat était juste. Les pouvoirs publics sont aujourd’hui dos au mur, car personne ne peut plus se taire ».

Unir les femmes

Les femmes ont également dénoncé les pressions politiques sur ces contrats de la part « d’élus hommes et femmes ». « Il y a la solidarité de pouvoir et non de femme, car des femmes élues n’ont pas plus ouvert la porte pour nous écouter », a expliqué Simone Yee Chong Tchi Kan. Cette dernière a dénoncé « une société réunionnaise inégale, avec 30% de chômage, qui touchent principalement les femmes ». C’est dans un tel contexte que ces dernières ont souhaité interpeller l’opinion publique sur la condition des femmes réunionnaises qui sont à la recherche d’un emploi. « C’est une fierté aujourd’hui, car nous étions seules, mais maintenant tout le monde se rallie au même constat, d’où notre solidarité avec les travailleurs qui manifestent », a souligné Simone Yee Chong Tchi Kan.
Cette dernière a annoncé la création de l’association Femmes Solidaires pour l’emploi, née du combat des treize femmes de Trois-Bassins, qui « ont fait preuve de courage, solidarité et résistance face aux attaques et aux pressions ». C’est dans ce nouveau cadre que toutes les femmes de l’association ont demandé la transparence de la gestion des contrats aidés et appeler toutes les femmes de l’île à « élargir le réseau, afin de sortir du silence du chômage et de la violence et ainsi s’exprimer pour faire avancer les choses ».

Céline Tabou

Un marché du travail bouché

Présente à la conférence de presse, Mélissa et Aurélie ont chacune évoqué leur situation. La première est une jeune femme de 17 ans qui vient de recevoir son BEP Carrière sanitaire et sociale et pour qui « aujourd’hui, il n’y a plus de place dans les trois lycées que j’ai sollicités pour pouvoir continuer mes études et finir par trouver un emploi plus tard », a-t-elle expliqué.

Dans un contexte familial difficile, « les deux parents n’ont pas d’emploi, cette jeune femme a souhaité continuer ses études pour pouvoir ensuite travailler, mais aujourd’hui elle se retrouve au chômage, faute de place », a précisé Simone Yee Chong Tchi Kan.

De son côté, Aurélie est diplômée en BTS Assistante de gestion, après des « contrats d’alternance et d’intérim, je me suis rendue au Pôle emploi qui m’a dit que n’étant pas un cas social, il va falloir que je me débrouille toute seule pour trouver un emploi ». Simone Yee Chong Tchi kan a dénoncé la situation des femmes sur le marché du travail et les violences que l’inactivité entraîne dans la société.


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