Luttes sociales

Créer son emploi pour sortir de la précarité

Conférence du Comité de l’Appel de l’Ermitage de Trois-Bassins

Céline Tabou / 9 septembre 2013

Remerciant l’hôte de cette conférence, Thérésien Rocrou, et « les bénévoles (qui) ont apporté chacun sa pierre », Bertrand Miranville, secrétaire de l’association, a évoqué la « vision de Déclic Solidarité Krénos », présidé par Marinelle Sandance.

Bertrand Miranville a rappelé que « tout le monde a besoin d’un travail pour trouver sa place dans la société, pour avoir sa dignité ». L’objectif de cette association créatrice de revenus est de « créer une nouvelle dynamique d’insertion des exclus du marché du travail, en donnant au travail un rôle central, et en en faisant un outil d’insertion sociale et professionnelle ».

Lutter contre l’exclusion par l’activité économique

Impulsée par Simone Yee Chong Tchi Kan, Déclic Solidarité Krénos souhaite sortir les gens du chômage, « d’où l’idée (Déclic) d’ouvrir, par l’entraide et la Solidarité, des perspectives rémunératrices (Créneau/Krénos) à leurs compétences inexploitées ». Créée en 2009, l’association s’est orientée vers « le secteur de l’insertion par l’activité économique dont la démarche s’inscrit d’une part dans la lutte contre l’exclusion en favorisant les dynamiques d’insertion par l’activité économique ». Il s’agit d’ « accompagner un public fragilisé vers un projet social et professionnel » et de lutter contre le gaspillage « en favorisant la logique de développement durable, alliant les dimensions sociales, économiques et environnementales », a expliqué Bertrand Miranville.

L’association a créé des emplois à travers « la récupération, la valorisation et la promotion de l’artisanat à partir des matières susceptibles d’être recyclées ». Il s’agit là d’un « facteur de développement socio-économique », a-t-il indiqué. Ce dernier a expliqué que par « ces activités, nous accompagnons tous ceux et celles qui n’auraient pas de chance de trouver du travail ». D’ailleurs, « l’accompagnement individualisé mis en place permet d’évaluer des savoir-faire et des savoir-être, de progresser dans l’apprentissage de nouvelles compétences et d’élaborer un projet socioprofessionnel ». L’objectif de l’association est d’amener les gens à l’emploi durable.

Centrée sur trois thèmes (récupération, écologie et originalité), « notre démarche créative » tourne autour de « la collecte de déchets potentiellement réemployables ou recyclables soit par apport volontaire des particuliers, soit en déchetterie, soit en partenariat avec d’autres organismes »  ; « la valorisation de ces objets au sein d’ateliers thématiques qui évaluent, nettoient, réparent ou démontent pour réemployer ou recycler les matériaux constitutifs » et « la sensibilisation du public et du personnel aux notions de protection de l’environnement, d’écocitoyenneté et de développement durable », a indiqué Bertrand Miranville.

« En mutualisant nos savoirs, nous pouvons créer de l’emploi »

De son côté, Aurélie Crescence a dénoncé le contexte politique où, « s ous prétexte de lutter contre le chômage, les gouvernements successifs ont mis en œuvre une myriade de contrats précaires, dits aidés, aux appellations diverses ». La jeune femme a pointé du doigt des « contrats aidés, créés pour lutter contre le chômage » qui « sont en fait trop souvent utilisés par les collectivités publiques ou associatives para-municipales comme une machine électorale ». Pour cette membre de l’association Femmes Solidaires pour l’emploi, qui a à cœur la lutte des femmes et notamment l’emploi pour celles-ci : « Le chômage et la précarité ne sont pas des fatalités du 21 ème siècle. Lutter contre ces fléaux demande de réorienter et de réorganiser l’activité humaine dans le but de satisfaire les besoins sociaux et économiques. Cette urgence doit présider les politiques en France ».

Cette dernière préconise le « rassemblement de l’ensemble des moyens injectés dans les divers dispositifs d’insertion dans un fonds d’investissement pour le développement de l’emploi », destiné à « moduler les aides régionales aux entreprises avec des critères d’emploi durable, de formation et de respect environnemental ». Rappelant que «  Femmes Solidaires pour l’emploi est née du combat de 13 femmes privées injustement de leur emploi, projet porté par l’association Déclic justement » , les contrats de ces treize femmes n’ont jusqu’à l’heure pas été attribués.

«  Nous, Femmes Solidaires pour l’emploi, nous disons : y en a marre, on ne peut plus tergiverser, toute personne a des savoirs, des compétences, des ressources à développer et à partager. La mutualisation en commun de nos savoirs peut créer une véritable dynamique », a conclu Aurélie Crescence.

Céline Tabou


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