Luttes sociales

Crimes de guerre en République démocratique du Congo

Droits humains

Témoignages.re / 2 août 2013

Les affrontements se poursuivent entre l’armée de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe rebelle M23 dans la province du Nord-Kivu. Selon des groupes de défense des droits de l’homme, les deux camps sont accusés d’avoir commis des violations des droits de l’homme à l’encontre de l’autre partie au conflit et de civils. Parmi les exactions en cause, certaines constituent des crimes de guerre. 

Plus tôt cette année, Human Rights Watch (HRW) a signalé que le mouvement rebelle M23 avait commis des crimes de guerre dans l’est de la RDC ; un second rapport important publié par HRW le 22 juillet indique que le groupe continue de perpétrer des crimes de guerre
Pour résumer les conclusions du rapport, son auteure principale, Ida Sawyer, a dit à IRIN : « Nous avons découvert que les combattants du M23 n’ont pas cessé de commettre des crimes de guerre depuis le mois de mars [le premier rapport avait été publié en février]. Ces crimes incluent l’exécution sommaire d’au moins 44 personnes, le viol d’au moins 61 femmes et filles et le recrutement forcé de plusieurs dizaines de jeunes hommes et de garçons. » 
Selon HRW, un rapport du Secrétaire général des Nations Unies et d’autres sources, l’armée congolaise aurait également commis des violations allant de la profanation de cadavres au meurtre de civils en passant par le viol de masse. 

HRW n’a inclus aucun commentaire ou réaction de représentants du M23 dans son plus récent rapport. 
Mme Sawyer a dit que son organisation avait arrangé une interview avec Sultani Makenga, le chef militaire du M23, pour discuter des conclusions du rapport, mais que des combats ont éclaté le jour de l’interview. M. Makenga a annulé la rencontre et n’a pas pu se rendre disponible pour une interview téléphonique par la suite. 
Kabasha Amani, un porte-parole du M23, a dit à IRIN : « Quand Human Rights Watch dit que des personnes ont disparu sur le territoire que nous contrôlons, pourquoi [l’ONG] ne donne-t-elle pas les noms de ces personnes ? » Il a dit que les conclusions du rapport n’étaient que des rumeurs et décrit la RDC comme « un pays de rumeurs ». 
John Muhire, un avocat qui travaille avec le M23, a dit que puisque l’ONG ne donnait pas les noms des victimes ou les lieux précis des crimes présumés, elle « ne mentionnait aucun élément permettant de prouver que les crimes avaient réellement été commis ». 

« Nous sommes convaincus de l’authenticité de nos conclusions », a dit Mme Sawyer à IRIN. « Les informations que nous avons incluses dans notre rapport ont été confirmées par plusieurs témoins fiables. Elles proviennent de témoins oculaires qui étaient présents lors des événements, soit des victimes ou des témoins des violations. Nous réalisons des interviews très approfondies avec toutes les personnes à qui nous nous adressons afin de rassembler les preuves nécessaires et nous n’incluons pas les informations qui nous semblent biaisées. » 
Parmi les informations qui n’ont pas été incluses dans le rapport, Mme Sawyer cite une allégation de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), qui affirme que le M23 a exécuté 26 agriculteurs dans deux localités entre le 16 et le 19 juin. L’ONG n’a pas rassemblé suffisamment de preuves pour l’inclure dans son rapport. 

(Source Irinews)


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