Luttes sociales

Crise dans le BTP : « tôt ou tard, ça va exploser »

Négociations salariales dans le bâtiment

Témoignages.re / 11 mars 2011

Les négociations salariales de la branche BTP ont débuté lundi 7 mars et l’intersyndicale dénonce « un blocage » de la part du patronat qui refuse d’accorder une hausse salariale supérieure à l’inflation, située à 2,2% en 2010. L’intersyndicale CGTR, CFDT, CGC, FO et CFTC, annonçait lors d’une conférence de presse hier, qu’elle refusera encore une offre similaire lors de la prochaine réunion qui se tiendra le 15 mars.

L’intersyndicale du bâtiment comprenant la CGTR, la CFDT, la CGC, FO et la CFTC a annoncé hier lors d’une conférence de presse qu’elle refusait la proposition du patronat du BTP d’augmenter les salaires de la branche selon l’indice de l’inflation. Elle refusera encore cette hausse à minima lors de la prochaine réunion qui se tiendra le 15 mars prochain à la Direction du travail.
« Le conflit devrait arriver d’ici peu », prévient Pierre Savigny, de la CFDT. Il indique qu’une première réunion de négociation des salaires de la branche BTP a eu lieu le 22 février dernier. Selon lui, un « clash » s’est produit lors de la seconde réunion, le 7 mars, quand le patronat a proposé « de nous enfermer dans l’indice de l’inflation », fixé, pour 2010 à 2,2%.
Ce jour-là, une première proposition d’augmentation de 1,7% au premier mars a été faite, en tenant compte des 0,3% au premier janvier négociés l’année dernière. Une autre hausse de 0,5% devait être accordée en octobre et « une clause de revoyure après les négociations avec le haut commissariat à la commande publique ». Cette proposition a été rejetée par l’intersyndicale.
Après la suspension de séance, une deuxième proposition prévoyant une hausse de 1,9% au premier mars, en plus de la hausse de 0,3% du premier janvier a été aussi rejetée par l’intersyndicale. Pour elle, une offre honnête situerait la hausse autour de 3,2%.
« On nous a dit soit vous signez, soit c’est fini. Nous avons quitté la table car nous avons toujours signé très au-delà de l’inflation », poursuit Jacky Balmine, de la CGTR. « Le patronat nous dit que ce n’est pas un blocage mais un désaccord. Mais nous, nous ne signerons pas à l’inflation et lors de la réunion du 15 mars, chacun doit faire un pas », poursuit-il. « Pour nous, c’est un pur blocage de la négociation ».
Tandis que plus de 10.000 salariés du bâtiment se sont retrouvés sans emploi suite à l’abandon des grands chantiers comme celui du tram-train ou encore celui du Pôle océan à Saint-Denis, « les salariés ont assez payé », estime Pierre Savigny qui se dit aussi « bien conscient de la situation du BTP ». « Nous avons des prudhommes en pagaille : pas de salaires, pas de congés payés... », ajoute Jacky Balmine. « On va se mettre en ordre de bataille pour arriver à un accord le 15 mars », prévient-il. Il n’exclut pas que les travailleurs pourraient se déplacer à la Direction du travail ce jour-là pour faire entendre leur voix. Selon lui, « tôt ou tard, ça va exploser ».