Luttes sociales

Critiques unanimes contre le désengagement du pouvoir central

États généraux du Logement

Témoignages.re / 10 juin 2011

Selon "Acteurspublics.com", lors des États généraux du Logement organisés mercredi, la politique du gouvernement a été sévèrement critiquée, même au sein de l’UMP. D’après notre confrère, ces critiques constatent le manque d’engagement de l’État vers le logement social. Et de noter que « le budget alloué aux “aides à la pierre” a chuté de 921 millions d’euros en 2006 à 607 millions en 2010 ».

L’action des responsables politiques et de l’État en faveur du logement est sévèrement critiquée par les Français, à en croire un sondage TNS-Sofres réalisé pour les deuxièmes États généraux du Logement. Quelque 43% des personnes interrogées jugent cette action insuffisante dans leur commune, ce taux d’insatisfaction grimpant à 84% pour ce qui est de l’action au niveau national. « C’est la même chose que l’insécurité », note Emmanuel Rivière, directeur du département Opinion de TNS-Sofres. « Les gens se disent : “Déjà chez moi c’est difficile, mais ailleurs c’est pire”. Cela doit être un sujet d’interpellation des politiques ».

Ce mercredi 8 juin, ces derniers étaient donc invités à débattre et à se positionner par rapport aux échéances de 2012, les États généraux, organisés par l’Union sociale pour l’habitat et qui regroupent 33 organisations (syndicats, associations de collectivités locales, etc.), souhaitant faire du logement une priorité. Pour augmenter le nombre de logements sociaux, François Hollande propose de faire passer les sommes allouées par l’État à l’aide à la pierre pour le logement social de « 500 millions d’euros » aujourd’hui à « 800 millions, voire 1 milliard d’euros ». Le candidat à la primaire socialiste a également proposé de « recycler une partie des aides fiscales, qui sont aujourd’hui dépensées au bénéfice de propriétaires qui ne font pas forcément l’effort souhaité ».

Un constat partagé avec le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, pour qui il faut réexaminer les dispositifs fiscaux encourageant l’investissement locatif, comme les lois Borloo, Robien ou Scellier. « Il faut réorienter les subventions au logement fiscal vers le logement social », explique-t-il, avançant qu’actuellement, l’État dépense « 3.000 euros pour un logement social » et « 30.000 euros pour un logement fiscal ».

À l’UMP, par la voix du député Michel Piron, on considère que « l’État aura du mal à suivre les prix qui résultent de la concentration de population en Île-de-France ». La résolution de la crise du logement passe, selon lui, par la politique d’aménagement du territoire. Des propositions qui se heurtent aujourd’hui à la protection de l’environnement. Car si certains souhaitent déconcentrer l’habitat, cela est contrarié par les problèmes de l’étalement urbain, qui engendre des investissements en termes de transport et la disparition des terres agricoles.

Les 33 organisations parties prenantes des États généraux du Logement entendent profiter de l’échéance de 2012 pour réitérer leurs 15 propositions pour une « grande » politique publique du logement et inviter tous les responsables politiques à se positionner. L’an passé en France, 346.000 logements neufs ont été mis en chantier (dont 98.000 logements sociaux), contre 444.100 (dont 54.000 logements sociaux) en 2005.


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