Luttes sociales

De nouvelles grèves en Afrique du Sud

Les métallos demandent 12% d’augmentation

Céline Tabou / 4 juillet 2014

Durant cinq mois, les mineurs de platine étaient en grève pour une hausse de salaire, désormais ce sont les ouvriers de la métallurgie qui se sont arrêtés de travailler. Le plus grand syndicat de la métallurgie du pays, Numsa, a lancé, ce 1er juillet, un mouvement de grève illimitée.

« Nous sommes 220.000 ouvriers à demander une augmentation de salaire à deux chiffres », a déclaré secrétaire général adjoint de Numsa, Karl Cloete, dans le quotidien « Daily Maverick ». Un mineur gagne en moyenne 365 euros par mois, soit à peine le salaire minimum en Afrique du Sud.
Les métallurgistes veulent une augmentation des salaires de 12%, tandis que les employeurs ne concèdent qu’une augmentation de 5,6%. D’après les récentes informations parues dans la presse, la NUMSA aurait révisé ses exigences à la baisse pour demander une augmentation de 10%, tandis que les employeurs auraient relevé leur offre à 8,5%.
Ce nouveau mouvement social lancé va au-delà des revendications salariales. « Cette fois, les syndicats appellent également à l’arrêt du courtage de main-d’œuvre et dans certains cas, exigent que les entreprises n’embauchent plus de travailleurs sur le régime de l’impôt d’encouragement de l’emploi », a indiqué Karl Cloete.
Une décision difficile à prendre pour Numsa, ancien allié de l’ANC, car « les patrons sont intransigeants sur le principe : pas de travail, pas de salaire », a indiqué son secrétaire général adjoint.
Après cinq mois de grève dans les mines de platine, la croissance avait enregistré un net recul au premier trimestre 2014, cette nouvelle grève pourrait, selon les économistes, plonger l’économie sud-africaine en récession.
Pour le patronat, « il est profondément regrettable qu’à un moment où notre économie est sous une pression considérable, nos partenaires sociaux ne tiennent pas compte des conséquences possibles de leurs actions ». Cependant, avec l’envolée économique du pays et son adhésion au club des pays émergents, l’Afrique du Sud connait une croissance plutôt stable, permettant de créer des richesses et des emplois.
La nouvelle grève massive a reçu le soutien de plusieurs organisations, comme la Fédération des syndicats sud-africains (COSATU) qui a annoncé son entière solidarité aux travailleurs en grève, ainsi que le Syndicat national des travailleurs des mines (NUM). « Le NUM soutient la NUMSA dans sa lutte pour résorber l’apartheid des salaires, défendre l’équité sur le lieu de travail et réclamer un salaire décent », a déclaré le secrétaire général du NUM, Frans Baleni.
De son côté, le Syndicat national de l’éducation, de la santé et des travailleurs associés (NEHAWU) a appelé les employeurs de la métallurgie et de l’ingénierie à répondre favorablement aux demandes raisonnables des travailleurs.

Céline Tabou


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