Luttes sociales

Début des négociations sur l’indemnité chômage

France

Témoignages.re / 18 janvier 2014

Les syndicats et le patronat et syndicats ont commencé la discussion sur l’indemnité chômage, vendredi 17 janvier. Les droits des 2,2 millions de chômeurs indemnisés par l’UNÉDIC sont remis en cause.

Les parties en présence vont renégocier l’actuelle convention de l’UNÉDIC, qui prend fin le 31 mars et concerne 2,24 millions d’indemnisés par cet organisme sur les 3,29 millions de chômeurs sans activité inscrits à Pôle Emploi. Les partenaires sociaux (Medef, CGPME, UPA, CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO) ont jusqu’à mars pour se mettre d’accord sur une nouvelle convention UNÉDIC.

Front uni pour les syndicats

Les syndicats ont présenté un front uni vendredi face au patronat à l’ouverture des négociations, refusant catégoriquement toute baisse de l’indemnisation des chômeurs, au moment où le chômage atteint des records. Ces derniers ont expliqué aux médias que le déficit de 4 milliards de l’Unedic est « conjoncturel, le chômage massif pesant sur les recettes et gonflant les dépenses ». « Il faut assumer collectivement » le déficit, en attendant la relance de la croissance », ont expliqué les syndicalistes.

Pour Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, la renégociation doit aboutir à « mieux et plus indemniser les demandeurs d’emplois ». Ce dernier a proposé « d’augmenter la durée maximale d’indemnisation à 30 mois (contre 24 actuellement, ndlr) à travers des dispositions spécifiques pour les jeunes, qui verront leurs droits ouverts à partir de deux mois de travail (quatre actuellement, NDLR), et pour les plus de 50 ans, pour lesquels nous souhaitons porter la durée maximale jusqu’à 60 mois », contre 36.

La CGT tient également à rendre « plus coûteuses » les ruptures conventionnelles et pénaliser financièrement les entreprises qui ont recours à la précarité « en augmentant la cotisation patronale à l’assurance chômage ». De son côté, la CFDT ne veut « aucune remise en cause de la règle actuelle : un jour cotisé = un jour indemnisé dès quatre mois de cotisation ». Véronique Descacq, numéro 2 du syndicat a appelé Pôle emploi à « assurer un meilleur suivi des personnes les plus éloignées de l’emploi » et réclame aussi « davantage de coordination au niveau local » entre « les associations d’insertion, les missions locales, la préfecture », a relevé l’AFP.

Ne pas freiner le déficit

L’actuel déficit de l’UNÉDIC est estimé à 4 milliards d’euros en 2013 et devrait augmenter à 4,3 milliards fin 2014 avec l’actuelle réglementation. L’organisme a une dette de 18 milliards d’euros, financée par un emprunt. N’ayant pas inversé la courbe du chômage, le gouvernement souhaite le maintient en l’état des droits des chômeurs et « de ne surtout rien faire qui puisse freiner un déficit », a indiqué Les Échos.
Le Medef voudrait également « stabiliser » le déficit dans les trois ans et réduire la dette. Il y a quelques semaines, le président du Medef, Pierre Gattaz, avait évoqué la dégressivité des allocations dans le temps, afin de faire des économies. Le sujet pourrait être mis sur la table, mais à moindre mesure, après l’annonce des allègements du coût du travail promis par François Hollande dans le cadre de son « Pacte de responsabilité ».

Condition indispensable pour le Medef : ne pas toucher aux cotisations salariales qui « pèsent sur le pouvoir d’achat », ni aux cotisations patronales qui « pèsent sur la compétitivité » des entreprises, a expliqué l’AFP. De son côté, la CGPME veut des règles d’indemnisation qui « incitent plus les chômeurs à reprendre un emploi ».

Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), il est « inenvisageable de remettre en cause les droits des chômeurs que ce soit en niveau d’indemnisation ou en durée ». Le débat ne portera pas pour les syndicats sur l’emploi, mais les droits des chômeurs. A l’instar de ces confrères, la CFE-CGC refuse tout abaissement du plafond des indemnités.

 SaiLin 

Maintenir les droits des chômeurs


Lors de sa conférence de presse, mardi 14 janvier, le président François Hollande a insisté : « Ce n’est pas à un moment de chômage élevé qu’il faut réduire les droits des chômeurs ». Cependant, ce dernier a souhaité « qu’un certain nombre de demandeurs d’emploi soient incités à reprendre un emploi sans encourir de difficultés ou de charges supplémentaires, il faut le faire ». Pour cela, le gouvernement va lancer une réforme « dans le cadre de la remise à plat de la fiscalité de ce qu’on appelle le RSA et de la prime pour l’emploi, de manière à ce que ceux qui sont au chômage et peuvent reprendre un emploi soient plus encore incités à reprendre un emploi, sans perdre de droits », a précisé François Hollande.


Kanalreunion.com