Luttes sociales

Demain : hausse du prix du gaz de 50%

Quelques heures après la présentation du bouclier qualité-prix

Manuel Marchal / 28 février 2013

À 16 heures aujourd’hui sera dévoilée la liste des produits visés par le bouclier qualité-prix. Huit heures plus tard, le prix du gaz aura officiellement augmenté de 50%. Quelle sera alors l’opinion des victimes de la hausse du prix du gaz au sujet de la communication qui sera faite autour du bouclier qualité-prix ?

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C’est aujourd’hui que le "bouclier qualité-prix" est présenté publiquement. Il est la première application concrètement visible pour l’opinion de la loi relative à la régulation économique dite "Loi Lurel" votée l’année dernière à l’initiative du gouvernement. L’État a proposé une liste de produits, les différents acteurs économiques de la distribution ont ensuite commencé à négocier le 5 février. Au terme de la première phase de discussions, une liste de 111 produits a été arrêtée, 45% sont fabriqués à La Réunion, 70% sont des produits alimentaires, et 50% font partie des produits les plus vendus à La Réunion.

La deuxième phase des discussions commencée le 18 février dernier visait à aboutir à « la modération des prix de cette liste » selon l’expression employée dans un communiqué diffusé par la Préfecture. Le résultat final sera présenté à 16 heures à la presse.

De 15 à 22 euros

Au moment du débat parlementaire, il a notamment été rappelé que cette loi est déjà une première étape, mais elle ne permet pas de s’attaquer aux causes structurelles de la vie chère à La Réunion. En effet, elle n’oblige pas à une remise à plat de toutes les données, aussi bien en termes de formation des prix que de revenus.

La première illustration, ce sera 8 heures après la publication du "bouclier qualité-prix". Demain, le prix de la bouteille de gaz doit passer de 15 à environ 22 euros. Cela signifie une hausse de 50% d’un produit de première nécessité. Rappelons que ce prix est fixé par l’État en fonction des informations transmises par les compagnies pétrolières. Pendant un an, le prix de la bouteille de gaz a été gelé à 15 euros, parce que les compagnies pétrolières ont bénéficié d’une subvention à l’initiative de la Région Réunion. Cette dernière retirant ses billes, c’est le retour à la situation d’il y a un an, celle d’avant les émeutes.

Mis de côté pendant un an sur ce produit, le débat va donc de nouveau s’ouvrir. Quatre mois après les manifestations du COSPAR, l’Autorité de la concurrence avait publié un rapport confirmant l’opacité entretenue par les pétroliers sur la formation des prix, ce qui conduisait à des « rentes de situation » selon l’institution. Demain, pour éviter que le prix du litre de super égale son record, l’État « pourrait intervenir afin de limiter l’augmentation à 5 centimes » au lieu de 7, précise notre confrère du "Quotidien". Mais pour le gaz, rien n’est prévu. Les achats de précaution de ces derniers jours montrent qu’une partie de la population a déjà intégré une hausse brutale.

Et demain, voilà ce que sera la situation : au moment où les médias annonceront la mise en œuvre du bouclier qualité-prix avec peut être des baisses de prix à la clé, la population sera confrontée à une réalité totalement différente : le prix d’un produit de première nécessité augmentera de 50%.

Quelle sera alors l’opinion des victimes de la hausse du prix du gaz au sujet de la communication autour du bouclier qualité-prix ?

Manuel Marchal


Kanalreunion.com