Luttes sociales

Des économies sur le dos des fonctionnaires

Application du plan d’austérité du gouvernement

Céline Tabou / 27 février 2014

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a affirmé que les efforts d’économies de 50 milliards d’euros, seront réalisés en grande partie par les collectivités et notamment les fonctionnaires. Cette dernière a annoncé que « Le dégel du point d’indice n’est pas sur la table des négociations », le 25 février sur RTL

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Un appel à la grève est lancé pour protester contre le gel du point d’indice des fonctionnaires.

Dans une interview accordé à la radio RTL, la ministre a indiqué « c’est difficile pour eux », ajoutant que « les fonctionnaires ont des raisons d’être inquiets puisque leur point d’indice est déjà gelé depuis 2010, qu’ils contribuent à la solidarité en payant 1% de leur salaire alors qu’ils ne peuvent pas être au chômage ».

Les fonctionnaires dans le viseur

Les premières concernées par les économies voulues par le gouvernement : les collectivités territoriales. En effet, le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, aurait demandé à Marylise Lebranchu de « regarder du côté des collectivités territoriales » pour « faire un effort au niveau des intercommunalités de France ».
Cette dernière a précisé : « on avait 36.000 communes, on a maintenant moins de 2.300 établissements intercommunaux. Il faut encore avancer », d’autant qu’entre les régions et la collaboration entre les départements, il existe « des moyens de faire des économies sur 71% de l’investissement public qui est porté par nos collectivités territoriales ».

Marylise Lebranchu a affirmé que les économies se feront « sur l’ensemble » et que les fonctionnaires y participent « jour après jour » car « leur cotisation retraite augmente depuis le mois de janvier alors que le point d’indice est gelé ». Concernant les baisses d’effectifs, elles ont débuté dans « les services qui ne sont pas prioritaires ».

Grève en perspective

Les syndicats CGT-FO-FSU-Solidaires ont appelé à la grève et à la mobilisation des agents publics le mardi 18 mars. Ces derniers dénoncent le blocage des carrières, le gel des primes et la perspective d’une baisse du nombre de fonctionnaires. L’annonce de Maryse Lebranchu entre dans le cadre du Pacte de responsabilité, lancé par François Hollande en début d’année.

En réponse, les syndicats « considèrent que les annonces liées au « Pacte de responsabilité », et en particulier les 50 milliards d’euros d’économies programmées, répondent d’une logique inacceptable d’austérité et attaquent inévitablement le financement des services publics, de la protection sociale et de la solidarité nationale alors que les besoins sociaux augmentent ».

Le point d’indice, gelé depuis 2010, devait repartir à la hausse lorsque la croissance sera de retour, avait annoncé le gouvernement en juin 2013. Marylise Lebranchu avait assuré que « pour l’instant, dans la préparation du budget 2014, nous n’avons pas pris le choix de dégeler ». Ce point d’indice, qui avait été revalorisé de 0,5% en 2010, est gelé depuis. A cette époque, la CGT, FO, la FSU, Solidaires, la CFTC et la CFE-CGC avaient annoncé « une déclaration de guerre » entre eux et le gouvernement.

Depuis l’arrivée de François Hollande, les syndicats demandent unanimement une revalorisation du point d’indice, qui sert de base au calcul des salaires des quelque 5 millions de fonctionnaires. Le bras de fer avec les syndicats devraient se durcir, car la ministre assure qu’il n’y aura pas de dégel du point d’indice et que le diminution des effectifs continuera.

 Céline Tabou