Luttes sociales

Des mesures de casse sociale

Recherche d’économies sur le dos des plus pauvres

Céline Tabou / 13 juillet 2010

Pour combler le deficit public, le gouvernement a lancé des mesures visant à faire une économie de 4 milliards. Celles-ci concernent en priorité la coupe dans les aides sociales.

Le ministre du Budget a annoncé que pour l’aide à domicile, l’abattement de 15 points sur les exonérations sociales va être supprimé. Les étudiants et leurs parents ne pourront plus cumuler l’aide personnalisée au logement et la demi-part par enfant à charge, l’aide aux handicapés devrait être augmenté de 25% en six ans au lieu de cinq. Et le nombre d’emplois aidés va passer de 400.000 à 340.000 l’an prochain. Ces mesures de rigueur visent donc essentiellement les plus démunis.

L’emploi dans le collimateur

Les restrictions concernant l’emploi à domicile devrait permettre d’économiser 300 millions d’euros annuel, selon les estimations de François Baroin. Le gouvernement a décidé de supprimer l’abattement de 15 points sur les exonérations sociales, proposé aux ménages qui déclarent leur employé au salaire réel. Le gouvernement a également annoncé la suppression de l’exonération de cotisations patronales proposée jusqu’au niveau du SMIC aux associations, et "aux structures agrées, qui s’appliquait, depuis 2006, aux rémunérations versées aux salariés assurant des services à la personne", indique BFM. 
De plus, les mesures vont aussi concerner la baisse des mesures de soutien à l’emploi. Les crédits de la mission travail et emploi vont progressivement diminuer, passant de 10 milliards d’euros en 2012 à 9,1 milliards en 2013. Le nombre d’emplois aidés va passer de 400.000 à 340 000 l’an prochain. Nous allons progressivement réduire le taux de subvention de l’État. Dès cette année, la part du salaire payée par l’État sera ramenée de 90 % à 80 %, ce qui est encore très élevé", explique le ministre du Budget.

Baisse de l’aide au logement pour les étudiants

Le gouvernement a décidé de supprimer le cumul entre l’Aide personnalisée au logement (APL) et la demi-part fiscale pour enfant à charge. Les parents devront choisir entre les deux. Cette annonce a entrainé une vague de colère de la part des syndicats étudiants, mais aussi des élus de la majorité. Ces derniers expliquent que les étudiants des classes moyennes seront les plus "pénalisés". En effet, pour les étudiants bénéficiant d’aucune bourse, les aides au logement représentent leur seul soutien financier.
Malgré l’élan de contestation des syndicats étudiants, des associations d’aide à domicile, et des élus face à ces mesures, le gouvernement ne compte pas revenir dessus pour le moment. Le gouvernement l’a fait savoir, il veut « ramener le déficit public de 8% du PIB cette année à 6% l’an prochain ». Il veut trouver 40 milliards d’euros pour combler son déficit budgétaire, la chasse aux économies est ouverte.

Céline Tabou


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