Luttes sociales

Des Réunionnais à l’heure

Réactions à la braderie de Saint-Denis

Témoignages.re / 14 août 2012

A la braderie commerciale du chef-lieu, on a rencontré hier des personnes venues faire de bonnes affaires. Sur divers sujets, elles se sont exprimées. Voici un florilège.

• Élodie (14), Marion (16 ans) et Ludivine (16 ans)

« Du jour au lendemain, le monde peut basculer »

Ces trois jeunes filles du Chaudron étaient accompagnées de la mère de l’une d’entre elles. La première est collégienne et les deux autres lycéennes. Connectées sur le Net, elles ne peuvent s’empêcher de s’interroger sur l’avenir de la planète : exploitation des ressources comme le bois, exploitation des enfants notamment par le travail et sous-payés qui plus est, explosion d’une centrale nucléaire, fonte des glaces… Sans compter les guerres qui se déroulent ci et là. « Le monde dans lequel nous vivons peut du jour au lendemain basculer dans une catastrophe sans précédent  », résonne-t-elle.

• Richard (50 ans)

S’entendre sur la pérennité des contrats

Avec son sac en bandoulière, il rentre au domicile après une matinée de travail. En effet, il est contractuel au sein d’un établissement scolaire. Il fait partie de ceux pour qui le contrat a été renouvelé. Sauf que l’effectif se retrouve moindre. Les tâches comme le service des repas, l’entretien des espaces, la surveillance des écoliers… ne pourront se faire dans les conditions optimales. Depuis plus de 10 ans, Richard voit son contrat renouvelé d’année en année. Son souhait : « Nos politiciens doivent s’entendre afin que nos contrats soient pérennes ».

• Mélanie (29ans), maman

« J’ajuste mon budget »

En compagnie de sa fille de 6 ans, elle est à la quête des petits prix. Mère célibataire, tout repose sur ses épaules : l’alimentation, le paiement des factures, l’essence, etc. Elle a « la chance » de travailler à mi-temps. « Je perçois des allocations », explique-t-elle. « J’ajuste mon budget en fonction des mois ». Elle ne peut se permettre de le dépasser, auquel cas son compte bancaire se retrouverait dans le rouge. Cette expérience, elle l’a vécue l’année précédente. Revenir à l’équilibre lui a demandé du temps.

• Ulysse et Yanis (16 ans), lycéens

Pâtissier et professeur

L’un veut devenir pâtissier et l’autre professeur. Habillé sport, ils ont, affirment-ils, « aidé parents et grands-parents pendant ces vacances : le nettoyage des cours, le coup de pinceau à la case, le rangement et l’aménagement des chambres ». A la clé, « on a reçu une somme d’argent », se réjouissent-ils. Tout ne va pas être dépensé d’un trait. C’est à la recherche d’un sac et d’une paire de baskets qu’ils courent. « Nous sommes raisonnables », disent-ils.

• Claude (45 ans), vendeur

De bonnes ventes selon les jours

Sur son étale, des tee-shirts, entre autres, de toutes les couleurs pour tout âge ! A la question « Les affaires marchent ? », il grimace. En fait, précise-t-il, « cela dépend des jours ». Le week-end, il réalise de bonnes ventes. Il affiche des prix à portée de toutes les bourses. Lui a des frais à payer, à l’exemple de l’essence, le transport des marchandises par bateau, l’emplacement. Plus un vendeur qui le remplace les après-midi. Il est vrai, sur l’achat d’un vêtement, il y a tant à déduire.

• Wilson (19 ans), étudiant

Conclure un parcours

Lui aussi recherche un nouveau sac… pour sa première année universitaire en septembre ! Il la prépare depuis la semaine dernière. C’est chose faite pour l’inscription, l’achat de quelques effets. Il a même commencé à effectuer des recherches quant à son cursus. Son souhait : aller jusqu’au bout et devenir professeur d’Économie. Il a mis son planning sur pied, les études vont lui prendre la quasi-totalité de son temps. Il a conscience de cette réalité. Il sait ce qu’il veut.

JFN


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