Luttes sociales

Des salaires minimums pour tous les Européens

Pour lutter contre le chômage

Céline Tabou / 21 avril 2012

La Commission européenne a plaidé ce mercredi 18 avril à Bruxelles pour des salaires minimums décents dans toute l’Union européenne. Cette décision survient suite aux chiffres du chômage dans l’UE qui ont dépassé le seuil de 10%.

Le taux de chômage moyen en Europe est situé au-dessus du seuil de 10% et les gouvernements sont accusés par la Commission de ne penser l’économie que par des plans d’austérité et non la croissance.

+10% de taux de chômage

« Les niveaux de chômage actuels dans l’Union européenne sont dramatiques et inacceptables, les créations d’emplois doivent devenir une vraie priorité européenne », a indiqué dans un communiqué de presse le commissaire chargé de l’Emploi et des Affaires sociales, Laszlo Andor.
Selon les calculs d’Eurostat, publié début avril, 17,13 millions de personnes étaient au chômage en février dans la zone euro, soit 162.000 de plus que le mois précédent. Ce niveau record depuis la création de la zone euro va au-delà des prévisions des analystes interrogés par l’agence Dow Jones Newswires qui tablaient sur un taux de chômage de 10,7% en février, comme le mois précédent. Cette situation touche particulièrement les femmes et les jeunes et devrait s’aggraver avec les politiques de rigueur mises en place par les gouvernements.
Laszlo Andor a présenté son rapport sur le SMIC dans un tel contexte, bien que l’exécutif européen ait peu de compétences dans ce domaine sensible réservé largement aux gouvernements nationaux. « L’idée est de proposer une coordination des politiques de l’emploi un peu sur le modèle de ce qui se passe pour les politiques budgétaires », afin que les gouvernements nationaux prennent en compte le marché de l’emploi au sein de l’Union européenne, « dans son ensemble et plus seulement dans le cadre de leurs frontières respectives », a-t-il indiqué lundi 16 avril à l’“Agence France Presse”.

Des salaires trop bas

Selon l’“AFP”, des diplomates ont posé que « lorsqu’un salaire minimum est trop bas, qu’il est gelé depuis trop longtemps, cela ne constitue-t-il pas un frein à l’embauche des travailleurs non qualifiés, qui sont du coup faiblement incités à aller occuper un emploi, car la différence par exemple entre leurs allocations chômage et le salaire est trop faible ? ».
Ce rapport met en avant un nouveau discours de la part de la Commission, qui était surtout libéral sur la problématique de l’emploi, jugeant que les salaires minimums constituaient un frein à l’embauche. « Nous faisons un pas en avant », a reconnu Laslo Andor, lors d’un point presse. Ce dernier juge que « le salaire minimum est un bon instrument pour lutter contre la pauvreté », mais aussi pour rendre certains emplois « plus attractifs ».
Le document de travail présenté par ce dernier propose également de « transformer une partie des allocations versées aujourd’hui aux chômeurs en aides actives à la création d’emplois pour eux, système à ses yeux plus efficace que l’assistance ».
La Commission européenne est donc pour un salaire minimum en Europe, mais modulable selon les secteurs professionnels. Actuellement, sur les 27 pays de l’UE, seul 20 disposent d’un salaire minimum unifié, avec de fortes variations des montants : de 138 euros par mois en Bulgarie à 1.801 euros au Luxembourg en passant par 1.398 euros en France, selon l’Office européen des statistiques, cité par Europe1.

Céline Tabou


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