Luttes sociales

Deux grands services d’intérêt public pour la dignité

Concilions urgence sociale et développement durable

Manuel Marchal / 11 mai 2011

Un membre du gouvernement a de nouveau tenté de diviser la population. Cette fois, ce sont les demandeurs d’emploi qui sont stigmatisés. Dans notre île, le modèle en place est incapable d’apporter une réponse à la revendication de tous les Réunionnais privés de travail. Le Parti communiste réunionnais propose la création de deux grands services d’intérêt public pour faire respecter la dignité de tous ces travailleurs.

Plus de 80.000 personnes sont concernées par l’annonce faite dimanche par le ministre aux Affaires européennes : imposer aux allocataires de minima sociaux, 5 heures de travail non rémunéré par semaine. Paradoxalement, cette annonce vient d’un des responsables du chômage à La Réunion. La pénurie d’emploi est en effet le résultat de l’incapacité du gouvernement à faire appliquer un droit constitutionnel, celui du droit à un travail.
Les gouvernements qui se succèdent depuis des décennies à Paris n’ont jamais réussi à faire appliquer ce droit, et avec l’actuel, la situation s’est considérablement aggravée. Selon les dernières statistiques de Pôle Emploi, plus de 146.000 personnes sont à la recherche d’un emploi. Et plus de 80.000 ont été privés de travail pendant une durée si importante qu’ils doivent se débrouiller avec un minima social pour survivre.
Lors des dernières élections, l’UMP a clairement voulu utiliser cette précarité. La Région a distribué des financements à des associations nouvellement créées pour embaucher à tour de bras sur des contrats précaires des travailleurs ayant pour point commun de résider dans des cantons qui étaient renouvelables. Ceci a rappelé que la pénurie d’emploi entraine une perte de dignité des travailleurs.
Les propos d’un ministre ont encore accentué cette situation. Car il cherche à accréditer l’idée qu’un travailleur privé d’emploi a un niveau de vie supérieur à un salarié. Toutes ces attaques ont une grave conséquence car elles désignent à la vindicte populaire une partie de la population victime de la politique du gouvernement.

Des solutions nouvelles

Comme il s’avère que la pénurie d’emploi dans notre île atteint des proportions totalement inconnues à ce qui existe ou a existé en France, ce sont des solutions spécifiques qu’il est nécessaire de mettre en œuvre. Ce que les gouvernements successifs ont appelé le traitement social du chômage n’a pas fait reculer la pénurie dans notre île.
Pour changer la donne et faire respecter la dignité des travailleurs, le PCR propose la création de deux grands services publics.
Il s’agit de tenir compte de la croissance de la population, de son vieillissement et de réfléchir à la création des emplois qui répondront à ces dizaines de milliers de besoins nouveaux. C’est la mise en œuvre d’un service d’aide à la personne.
L’autre service concerne l’environnement. Il vise notamment à la valorisation d’un espace qui est maintenant reconnu comme partie du Patrimoine mondial. Le PCR propose également la mise en œuvre de solutions adaptées à nos contraintes pour le traitement des déchets et des eaux usées : tri dans des installations de proximité, épuration par lagunage, recyclage. Un autre gisement d’emploi se situe dans la plantation et l’entretien d’arbres. Au moment où le monde cherche des solutions pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre, la plantation d’arbres commence à être appréciée à sa juste valeur, elle peut être une source de revenus.
Cette restructuration permettra de créer également de nombreux emplois.
Les solutions techniques existent déjà, il importe donc de les mettre en œuvre le plus rapidement possible pour commencer à résorber le chômage et faire respecter la dignité des travailleurs stigmatisés.

M.M.


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