Luttes sociales

« Directions, pouvoirs publics et gouvernement prennent les usagers de l’énergie en otages »

La CGT dénonce l’entêtement de Séchilienne-Sidec et EDF

Témoignages.re / 28 mars 2011

Dans un communiqué diffusé samedi, la CGT Énergie rappelle la responsabilité des employeurs qui refusent toujours d’appliquer la loi, et celle du gouvernement qui choisit la répression contre les travailleurs en lutte pour leur droit. Rappelons que la loi prévoit l’alignement des salaires des travailleurs sur ceux des fonctionnaires.

Le 11 mars 2011, des préavis de grève ont été adressés aux Directions d’EDF, de la Séchilienne-Sidec et de la Centrale Diesel Export pour demander le respect plein et entier du protocole d’accord du 22 février 1972 sur l’application de l’article 14 paragraphe 6 du statut national des IEG pour l’ensemble des salariés des IEG des DOM, signé par les fédérations nationales et le gouvernement, afin de prendre en compte les évolutions juridiques suivantes :


- Respect de la loi n°50-407 du 03 avril 1950

- Respect du décret n°57-87 du 28 janvier 1957

- Respect du décret n°71-485 du 22 juin 1971 et de l’évolution apportée par l’arrêté ministériel du 28 juin 1979

Malgré la volonté de la CGT depuis plusieurs mois de privilégier le dialogue et la négociation, les employeurs ont toujours adopté une attitude de mépris et tenté d’envenimer la situation.
Depuis le 21 mars 2011, il nous était possible de mettre en œuvre nos modalités d’actions, devant le silence des employeurs, les salariés n’ont pas eu d’autres choix que de se mettre en grève illimitée.
Ce vendredi 25 mars 2011, l’ensemble des syndicats CGT des DOM a décidé de manière coordonnée de donner suite aux préavis n’ayant pas permis de trouver de solution au problème posé depuis des mois.
La population et le monde économique sont pris en otages par les employeurs, entre autres EDF, qui est seule à mettre en œuvre des plans de délestages validés par la Préfecture.
La population et le monde économique doivent aussi demander des comptes à ces Directions méprisantes envers des travailleurs qui demandent juste l’application d’un droit qui est appliqué à d’autres pleinement depuis longtemps.
Une nouvelle fois, les pouvoirs publics ont réagi par la répression plutôt que par la recherche d’une solution au problème de fond sur lequel ils peuvent intervenir. L’État, au travers des ministères concernés, a été saisi depuis de nombreux mois de cette question. Il est temps qu’il prenne ses responsabilités en prenant les mesures nécessaires à la pleine application des textes statutaires et de ses engagements passés, notamment du protocole de 1972.
Les salariés, avec la CGT, sont attachés aux valeurs du service public. Ils le démontrent à chaque fois que les problèmes techniques ou les conditions météo génèrent des coupures d’alimentation. Ils se battent depuis des années pour obtenir les investissements nécessaires sur les réseaux pour améliorer la fiabilité et la qualité de fourniture. Ils sont aux côtés des usagers chaque fois que nécessaire, mais les employeurs font de plus en plus d’autres choix, préférant rémunérer leurs actionnaires.
Le personnel revendique la juste application des règles pour lui comme pour les populations des DOM. 


L’État brandit l’arme de la réquisition

Extrait du communiqué diffusé hier soir par la Préfecture.

« Les réquisitions entamées vendredi soir se poursuivent. A l’heure actuelle, une trentaine de salariés ont été réquisitionnés. Grâce à ces réquisitions et à la mobilisation des cadres non grévistes, la production a repris en partie depuis 13h aujourd’hui. Une tranche de l’usine du GOL (50 MW) a pu être remise en production et une tranche de l’usine de Bois-Rouge devrait l’être dans la soirée pour une production d’environ 30 MW.
Malgré cette amélioration, environ 40.000 foyers pourraient subir des coupures de l’ordre de 2h dès ce soir et demain toute la journée surtout dans le Sud de l’île.
La production n’a pu reprendre que partiellement grâce aux réquisitions des salariés, sachant qu’une bonne partie des grévistes continue de se soustraire sciemment à la notification en organisant leur absence de leur domicile.
Hier, samedi 26 mars, jusqu’à 120.000 clients avaient été simultanément privés d’électricité en fin de journée, au moment du pic de consommation. »


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