Luttes sociales

Divers thèmes ont été hier lors de la 1ère Rencontre de la jeunesse réunionnaise abordés. Une partie est à lire dans cette édition.

1ère Rencontre de la jeunesse réunionnaise

Témoignages.re / 7 décembre 2009

• Béatrice, santé et handicap
« Donnons-nous les moyens de mener une véritable politique d’éducation à la santé »

« En vue de la création du CHU et d un numerus clausus adapté, il est important de faire un état des lieux afin de déterminer les besoins réels au sein de la zone océan Indien.
Donnons-nous les moyens de mener une véritable politique d’éducation à la santé.
Le droit à la santé pour tous a un sens uniquement si l’on prend en considération la situation précaire des jeunes qui souvent sont exclus des soins pour des raisons économiques.
La démocratisation de l’emploi des personnes handicapées ne peut se faire que s’ils peuvent eux aussi bénéficier d’une formation adaptée. Un gros travail reste à faire en matière d’information, d’accompagnement et d’infrastructures ».

• Camille
« Nous, les femmes, c’est nou mèm lé kapab ! »

« Dans l’éducation : une plus grande mixité doit être de mise car c’est à ce moment que l’on s’imprègne des premières notions de la société. Elle doit être un lieu d’émancipation des femmes et des hommes.
Dans le domaine de l’emploi : la situation est aujourd’hui très inégalitaire ; elle traduit une discrimination importante à l’égard des femmes, tant dans l’accès à l’emploi qu’au niveau des salaires.
25,9% des femmes actives sont au chômage contre 22,9% des hommes actifs.
Une femme gagne 75% du salaire mensuel de son homologue masculin.
La gestion de la vie familiale doit être organisée avec notamment la garde des enfants, dans 90% des familles monoparentales, c’est une femme qui en est à la tête.
Le paysage politique actuel montre des retards alarmants dans la réalisation de la parité : des avancées via la parité femmes-hommes, mais des têtes de liste très majoritairement occupés par des hommes, il en va de même lors des scrutins uninominaux.
Les droits des femmes sont chaque jour remis en cause, notamment le droit des femmes à disposer de leur corps, ou encore les nombreuses violences qu’elles subissent au quotidien ».

• Fanny, la création d’entreprise
« Celui ou celle qui porte un projet doit avoir à sa disposition tous les outils afin de mener à bien ses idées »

« Le processus de création d’entreprise est aujourd’hui une démarche très complexe, au sein de laquelle le jeune doit contacter un grand nombre de personnes, d’institutions. Aujourd’hui, les projets ne manquent pas, notamment dans les filières porteuses d’emplois. Nous devons accompagner les jeunes dans la création d’entreprise, qu’il s’agisse de moyens humains ou financiers. Celui ou celle qui porte un projet doit avoir à sa disposition tous les outils afin de mener à bien ses idées. Il est indispensable d’inciter par une institution en charge de favoriser la création d’entreprise, les jeunes réunionnaises et réunionnais à construire leur avenir, la Réunion de demain ».

• Élodie, la vie associative
« Les associations de quartier sont un véritable maillon de cohésion sociale, d’émancipation »

« Dans les hauts, l’éloignement de la ville et des activités sont accentués par un réseau de transports peu efficace. C’est toute une population qui se retrouve dans l’ennui.
Les associations de quartier sont un véritable maillon de cohésion sociale, d’émancipation.
Dans chaque quartier, des associations devraient assurer l’animation. Une chambre consulaire des associations allégerait le poids administratif par le biais d’une gestion commune, ce qui permettrait d’accorder plus de temps à l’organisation d’activités.
L’Humain doit être au cœur des préoccupations, des projets, des priorités en leur donnant les moyens de mettre en place des activités sans être tenu par la gestion de compte ou différentes paperasses ».

• Naren, la vie politique et l’engagement de la jeunesse
« Ouçali sorte, ouça lilé et ouça lisava »

« Certains décident d’être acteurs et non plus spectateurs de leur avenir et prennent les choses en main : ils s’engagent comme militants dans un parti, ou une association.
En fait les jeunes sont aujourd’hui à la fois intéressés et désintéressés par la politique comme bon nombre de citoyens. La jeunesse est en fait confrontée à un double impératif : s’identifier à ses aînés et innover. C’est donc via la tension entre héritage et expérimentation que se construit le rapport des jeunes à la politique.
Nous devons impérativement retrouver l’histoire de La Réunion. C’est un moyen de s’approprier son territoire et développer la notion d’espace vécu afin de pouvoir s’engager politiquement. La jeunesse réunionnaise doit savoir « ouçali sorte, ouça lilé et ouça lisava ». C’est une notion très forte et très importante qui permettra à la jeunesse de s’identifier, de se positionner et de s’affirmer avec courage, audace et ambition.
L’accompagnement des jeunes dans leurs expérimentations devient un enjeu décisif inséparable du travail de reconnaissance de ces nouvelles formes d’engagement.
Compte tenu de notre système d’enseignement et de formation exemplaire comparé aux pays de la zone océan Indien, la jeunesse réunionnaise sera appelé à échanger des informations et de la formation ces pays pour aller vers le co-développement, ainsi il ne s’agira plus de s’exprimer du quartier à la ville mais du quartier vers le monde… ».


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