Luttes sociales

Entre le 10 novembre 2008 et le 10 mars 2009, le prix a baissé de 32 centimes !

Non Didier Robert, non M. le Préfet : baisser les prix de 25 centimes, c’est possible

Manuel Marchal / 18 février 2012

Entre le 10 novembre 2008 et le 10 mars 2009, les règles du marché du pétrole ne se sont pas interrompues, et les achats étaient toujours réglés en dollars. Et pourtant, il a été possible de baisser le prix du litre de gasoil de 32 centimes, et de le maintenir à 0,93 euro pendant six mois. C’est bien la preuve que les arguments invoqués par le préfet et Didier Robert ne tiennent pas la route. Va-t-on vers un nouveau scandale comparable à celui du refus d’utiliser le Dash8 au plus fort de l’incendie du Maïdo ?

Les Réunionnais n’ont pas oublié la manière dont le gouvernement UMP a tergiversé avant d’envoyer les moyens indispensables au combat contre le feu du Maïdo. Le 25 octobre, la forêt prend feu. Cinq jours plus tard, 2.800 hectares du Parc national étaient la proie des flammes et Paris refusait toujours d’envoyer dans notre île l’avion bombardier d’eau qui avait stoppé la progression des flammes l’année précédente.
À en croire l’État, le Dash8 n’était pas adapté à la situation. Didier Robert était le premier à suivre cette position. Le président de Région n’avait alors pas hésité à affirmer publiquement que l’envoi d’un Dash8 n’était pas nécessaire.

Le précédent du Dash8

Le 1er novembre, Didier Robert était tout aussi publiquement ridiculisé. Le Ministère de l’Intérieur ne décidait pas l’envoi d’un Dash8, mais de deux. C’est dire si le recours à ce bombardier d’eau était loin d’être inadapté ou superflue.
Quelques mois plus tard, La Réunion est en train de revivre ce même type de scénario dans un autre domaine. Là encore, le préfet et Didier Robert s’arc-boutent sur une position. Cette fois-ci, c’est la baisse du prix du carburant qui remplace le Dash8.
En 2010, le Dash8 avait permis de stopper l’incendie du Maïdo, un an plus tard, il n’était plus adapté, à en croire Didier Robert et le représentant de l’État. La réalité a mis une semaine à s’imposer.

Moins 25 centimes, on a déjà vu !

En novembre 2008, le prix du litre de gasoil était à 1,25 euro. À cette époque, le préfet disait qu’il ne pouvait pas faire mieux, étant donné le cours mondial, la parité euro-dollar et la rémunération des acteurs de la filière.
Mais quatre mois plus tard, sans que la structure de la filière d’approvisionnement, d’importation et de distribution ait changé, le préfet était capable de signer un arrêté fixant le prix à 0,93 euro, soit 32 centimes de moins qu’en novembre.
Mais un paramètre avait changé, c’est la mobilisation de la population.
C’est bien la preuve qu’il est possible de baisser de 25 centimes. Dans son édito d’hier, le "Journal de l’île" confirme bien que ce refus de discuter s’inscrit dans une stratégie électoraliste : apporter la solution quand Sarkozy, candidat de l’UMP, viendra à La Réunion.
Comme pour le Dash8, Didier Robert va être totalement décrédibilisé, car il ment à la population en disant que la baisse de 25 centimes, il ne sait pas faire.

M.M.


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