Luttes sociales

Ex-ARAST : la réalité s’impose aux politiciens qui ont voulu profiter de la détresse de travailleurs trahis par leurs dirigeants

Présence remarquée d’Objectif-Réunion UMP dans une manif qui défile dans l’indifférence

Témoignages.re / 19 janvier 2012

Cyrille Hamilcaro et Stéphane Fouassin, conseillers généraux UMP, dans la manif, voilà qui illustre une nouvelle fois la tentative de récupération politicienne de la faillite de l’ARAST. Carmen Allié, candidate UMP aux Sénatoriales, s’attendait même à ce que des bus remplis de "soutiens" viennent faire le tas, c’est raté. Au final, la grève de la faim est stoppée. Mais pourquoi n’avoir pas décidé d’aller voir la préfecture plus tôt ?

Malgré le blocage de la circulation au niveau du Barachois, l’appel à la mobilisation lancé par une partie des ex-salariés de l’ARAST n’a pas eu grand écho hier. À 9h30, moins d’une cinquantaine de personnes a pris le départ d’un défilé qui va les conduire du palais de la Source à la préfecture. Parmi ces personnes, seule une dizaine d’ex-ARAST. Certains conseillers généraux de droite sont par contre présents. C’est notamment le cas de Cyrille Hamilcaro, conseiller général de Saint-Louis, et de Stéphane Fouassin, maire et conseiller général de Salazie.
Lorsque le groupe est passé devant sa permanence, rue de la Victoire, René-Paul Victoria, député de Saint-Denis, s’est avancé sur le trottoir à la rencontre des journalistes. Les manifestants se sont arrêtés pendant un moment, le temps d’attendre la fin des interviews. « Monsieur le maire, nou lé devan chez ou, coz avec nou un ti instan siouplé », s’est exclamé un manifestant dans le porte-voix. Le député dionysien a alors dit quelques mots de soutien en faveur des ex-salariés de l’ARAST. 


À noter que le cortège des manifestants jusqu’à la préfecture s’est déroulé sans incident et dans la quasi-indifférence des passants.


Une délégation a ensuite été reçue par le sous-préfet à la Cohésion sociale, Richard-Daniel Boisson, et le délégué régional de Défense des Droits, Didier Lefèvre. Ils ont obtenu que des représentants des ex-salariés assistent ce vendredi 20 janvier à la table ronde, où doit être acté le paiement des indemnités. À l’issue de l’entrevue, Paul Junot n’excluait pas alors de mettre un terme à la grève de la faim et de lever le camp devant les grilles du Conseil général. C’est désormais presque chose faite. Si le campement est maintenu jusqu’à ce vendredi, Paul Junot, Mimose Libèle et Carmen Allié ont décidé de suspendre, à 13 heures hier, la grève de la faim qu’ils avaient entamée en signe de protestation depuis presqu’un mois maintenant.
Les ex-ARAST ont aussi obtenu que la cellule de reclassement des anciens salariés « mette en place des procédures simples facilement accessibles par tous et réellement efficaces », indique Paul Junot. « C’est une très grande avancée, nous obtenons enfin quelque chose », se réjouit le responsable CFTC.

Après ces annonces, les manifestants ont immédiatement levé le barrage qu’ils avaient mis en place sur la chaussée au Barachois.

Avec Imaz Press Réunion

La militante UMP attendait des bus !

« Je ne comprends pas pourquoi il y a aussi peu de monde. Où sont tous les gens qui ont promis de nous soutenir ? Nous avons parfois l’impression que tout le monde s’en fout », a lâché Carmen Allié, visiblement déçue et marquée physiquement par ses 29 jours de grève de la faim. « On nous a dit que des gens allaient monter en car de l’Est et du Sud pour nous soutenir. Je ne les vois toujours pas », souffle la gréviste de la faim.

Rappel des propositions du Conseil général

En fin de soirée mardi 17 janvier, dans une lettre adressée au délégué régional de Défense des Droits, Didier Lefèvre, Nassimah Dindar a confirmé les propositions formulées le vendredi 13 janvier. Des propositions concernant l’indemnisation à hauteur de 50% à la charge du Département des 241 ex-salariés qui n’ont pas engagé de procédure, et des 87 autres ex-ARAST en attente d’une décision du Conseil des Prud’hommes, dont les salariés protégés. Les 50% restants étant à la charge de les AGS (Caisse de garantie des salaires). « Selon les décisions de justice définitives rendues, les AGS rembourseraient alors le Conseil général, et réciproquement si le Conseil général venait à être condamné », explique la collectivité. Une cellule de reclassement sous l’autorité du préfet, et ce, pour les personnes qui n’ont pas retrouvé de travail, a été demandée « afin que des solutions soient trouvées ».
Nassimah Dindar espère ainsi que ces propositions « permettent de trouver une issue favorable ».



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