Luttes sociales

Faire patienter la population jusqu’à l’arrivée du candidat Sarkozy ?

La baisse possible encore retardée

Manuel Marchal / 18 février 2012

Dans son édition d’hier, le "Journal de l’île" apporte un éclairage sur la gestion par l’UMP du mouvement social du début de semaine. À en croire notre confrère, ceux qui argumentent contre la baisse des prix sont téléguidés depuis Paris. C’est un élément troublant, car cela peut vouloir dire que l’annonce de la baisse des prix sera retardée jusqu’à l’arrivée dans notre île du candidat en campagne.

« Comme par hasard, les barrages filtrants sur les axes routiers stratégiques qui duraient depuis mardi matin ont été levés dans l’après-midi du mercredi. Soit quelques heures seulement avant l’annonce du président sortant. Bizarre n’est-ce pas ? ». Dans son édition d’hier, le "Journal de l’île" lie deux calendriers : celui de la campagne électorale du candidat UMP à la Présidentielle et celui de la levée des barrages par les manifestants suite à la promesse de négociation du préfet.

Un candidat-président en campagne

Notre confrère indique que Paris a tout géré en direct, multipliant les coups de fil avec le sénateur-maire de Saint-Pierre, la préfecture et les compagnies pétrolières. Désormais, le mot d’ordre officiel, c’est de trouver une solution d’ici 4 mois, soit au plus tard les Législatives. Sachant que l’objectif, c’est de revoir la structure des prix pour que ces derniers diminuent, cela signifie qu’une baisse des prix aura sûrement lieu durant la campagne électorale qui commence.
Il est tout aussi clair que Nicolas Sarkozy viendra faire campagne à La Réunion, et tout comme François Hollande, il ne pourra pas échapper à la question de la vie chère. Mais il est tout aussi clair qu’étant candidat, Nicolas Sarkozy reste également président de la République, ce qui lui laisse la direction de l’administration, et donc de l’autorité responsable de la fixation des prix du carburant à La Réunion.

Instrumentalisation électorale de la baisse des prix

Il est évident qu’une baisse de 25 centimes est possible. Le précédent du COSPAR le rappelle, et à ce moment, c’est au total 32 centimes qui ont été soustraits aux profits des pétroliers entre novembre et mars par décisions préfectorales.
Sur la base de tous ces éléments, il y a donc lieu de craindre que la baisse inévitable sera retardée jusqu’à l’arrivée de Sarkozy venu faire campagne dans notre île afin qu’il puisse en tirer un bénéfice électoral. Sinon quel intérêt aurait-il de venir ici ?
Voilà qui décrédibilisera totalement Didier Robert, car quand la population verra que le prix baisse, alors elle saura que le président de Région mentait quand il soutenait l’idée qu’une baisse pour tout le monde de 25 centimes n’était pas possible.
Cela n’est pas sans rappeler l’épisode du Dash8, quand Didier Robert et le préfet s’évertuaient à dire que le bombardier d’eau n’était pas nécessaire. Ils ont ensuite été décrédibilisés par l’annonce de Claude Guéant d’envoyer ici deux avions de ce type. Claude Guéant, sans doute le ministre le plus proche de Sarkozy…

M.M.


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