Luttes sociales

Fin de blocage aux usines du Gol et de Bois-Rouge

Mouvement de protestation des planteurs

Témoignages.re / 8 novembre 2011

Le mouvement de protestation des planteurs touche à sa fin. En début d’après-midi hier, le travail a repris aux usines du Gol à Saint-Louis et de Bos-Rouge à Saint-André. Pour rappel, une centaine de planteurs, venant de toute l’île, avait manifesté de l’ancienne gare routière de Saint-Denis à la préfecture hier en milieu de matinée. À l’appel de la CGPER, syndicat majoritaire dans la profession, les agriculteurs manifestaient pour réclamer « plus de souplesse » à la Caisse générale de Sécurité sociale (CGSS) en matière de verbalisation « des planteurs employant des coupeurs de cannes sans les avoir déclarés dans les délais réglementaires ». À l’issue d’une rencontre à la préfecture, la CGPER s’est dite satisfaite

Le mouvement de protestation avait commencé tôt ce lundi. Mécontents, les planteurs avaient tout d’abord bloqué les plateformes sucrières du Gol et de Bois Rouge. Ils étaient ensuite plus d’une centaine à s’être rassemblés à l’ancienne gare routière de Saint-Denis. Pancartes en main, le cortège des manifestants avait défilé jusqu’à la préfecture afin de dénoncer les contrôles procédés actuellement par le comité opérationnel anti-fraude portant sur la réglementation du droit du travail sur les exploitations agricoles. Ils réclamaient l’assouplissement de ces contrôles.
Selon la CGPER, au total plus d’une vingtaine de planteurs avaient été verbalisés dans l’ensemble de l’île depuis deux semaines, dont six, seulement ce samedi dans l’Est. S’ils ne niaient pas l’embauche de coupeurs de cannes "au noir", les planteurs estimaient qu’ils n’ont souvent pas le choix. Ils rappellent que la main d’œuvre se fait de plus en plus rare et que l’âge moyen des coupeurs est de 55 ans. « Certains coupeurs de cannes refusent d’être déclarés sous peine de perdre leurs prestations sociales. Les planteurs sont alors obligés d’embaucher pour qu’il y ait de la main-d’œuvre », expliquait alors Krishna Atanari, représentant de la CGPER Est.
Autre problème, selon Jean-Yves Minatchy, président de la Chambre d’agriculture et de la CGPER, lors de recrutement, les demandeurs d’emploi indiquent clairement qu’ils ne veulent pas de ce travail et précisent qu’ils se présentent uniquement pour répondre à leurs obligations. « D’autres signent leur contrat et après quinze jours d’activité, abandonnent le poste compte tenu de la pénibilité du travail », poursuivait-il, avant de s’interroger « sur les autres alternatives pour le planteur qui doit couper et transporter 1.200 tonnes de cannes en 22 semaines ».
En fin de matinée, une délégation avait été reçue à la préfecture et une motion déposée. À l’issue de la rencontre, les planteurs et la CGPER s’estimaient « satisfaits ». Selon la CGPER, cette réunion a pu éclaircir « la situation et devrait permettre à chaque planteur de finir la campagne sucrière sans une épée de Damoclès sur leur tête ». « Le représentant du préfet s’est engagé à transmettre par le biais du Pôle Emploi, à l’ensemble des demandeurs d’emploi et des allocataires du RSA souhaitant travailler dans le secteur agricole, un courrier explicatif sur l’ensemble des dispositifs permettant de cumuler revenu social et travail salarié », explique la confédération, dans un communiqué. L’idée n’étant pas, comme elle le souligne, de « stigmatiser les allocataires du RSA, mais de permettre à ceux qui le souhaitent de cumuler les deux types de revenus ».

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