Luttes sociales

François Hollande face aux syndicats

Troisième conférence sociale

Céline Tabou / 7 juillet 2014

Le président de la République doit rencontrer, lundi 6 juillet, les leaders syndicaux et patronaux avant la troisième conférence sociale du gouvernement. Ce sommet s’ouvre en plein climat de tension. De nombreux syndicats sont en colère contre la politique menée par Manuel Valls. Premier ministre.

La troisième conférence sociale du gouvernement aura lieu lundi 7 et mardi 8 juillet, sur sept thèmes. Parmi lesquels « amplifier l’action pour l’emploi, en particulier pour les jeunes, les seniors et les personnes en difficulté », « assurer le passage de l’école à l’insertion professionnelle des jeunes », « développer un agenda économique et social pour la croissance et l’emploi en Europe », « accélérer le retour de la croissance par l’investissement » ainsi que « garantir le pouvoir d’achat par une rémunération équitable », « rénover notre politique de santé » et « le dialogue social dans le processus de réforme de l’action publique ».

Une pression sociale à son maximum

Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, a lancé un ultimatum au gouvernement en annonçant sa possible non participation à cette réunion préliminaire. Vendredi 4 juillet, il a expliqué à la presse qu’il se prononcerait en fonction de la réponse de François Hollande à sa demande de « clarification » sur sa définition du « dialogue social ».
De son côté, Jean-Claude Mailly, de Force ouvrière, a indiqué qu’il participerait lundi au débat avec le président François Hollande à la conférence sociale, mais il « n’exclut rien » pour la journée de mardi, étant prêt à « marquer le coup, d’une manière ou d’une autre ». Les syndicats reprochent au gouvernement d’avoir cédé face au Medef. Même la CFDT de Laurent Berger, proche du parti présidentiel, a évoqué une « rupture » du dialogue social.
Ces derniers dénoncent la décision de Manuel Valls de donner satisfaction au patronat en repoussant d’un an la mise en œuvre du « compte pénibilité ». Normalement, ce dispositif doit permettre aux salariés ayant effectué des métiers pénibles de partir plus tôt à la retraite. Après avoir fait pression sur le gouvernement par un boycott de la conférence, le patronat est parvenu à avoir du Premier ministre du lest. Manuel Valls a également demandé aux partenaires sociaux de discuter d’une simplification du Code du travail.

Beaucoup d’espoir pour le gouvernement

Lors de la 14ème édition des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence, la phrase du ministre des Finances, Michel Sapin, affirmant « notre amie, c’est la finance, la bonne finance » a exacerbé les tensions pouvant être, pour certains syndicalistes, une provocation.
Malgré les tensions affichées par les différents partenaires sociaux, Manuel Valls a voulu se montrer confiant, en affirmant qu’il « ne doutait pas » que syndicats et patronat « se retrouveront autour de la table ». Ce dernier a ajouté qu’"il faut que le patronat s’engage : le gouvernement met sur la table plus de 40 milliards (...), c’est sans précédent ». Une enveloppe contestée par une partie de la classe politique et syndicale, qui dénonce l’absence de contrepartie en terme de créations d’emploi et d’activité par le patronat.
Dans son discours d’ouverture, le président de la République devrait faire « le point sur le pacte de responsabilité et les accords de branche » où doivent se négocier les contreparties aux pactes en termes d’emploi, a indiqué le ministère du Travail. Dans un contexte économique morose, une croissance atone, un taux de chômage record, le gouvernement espère que le pacte pourra sortir le pays de la crise. Le maitre mot de cette conférence « sera avant tout l’emploi », a assuré le ministère, qui espère la création de 500.000 postes, grâce aux allègements.

Céline Tabou


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