Luttes sociales

François Perraut licencié pour faute grave

Antenne Réunion

Témoignages.re / 5 août 2009

Depuis le 15 juillet 2009, François Perraut ne fait plus partie des effectifs d’Antenne Réunion. Le journaliste sportif a été licencié pour « faute grave ». La chaîne d’information lui reproche d’avoir « convoqué la presse » le lundi 13 juillet pour parler du différend l’opposant à la Direction de l’entreprise. N’ayant pas apprécié les comptes-rendus alors effectués par les médias, Antenne Réunion affirme que le journaliste a « porté une atteinte grave » à l’image de la chaîne. Après 19 ans de service, François Perraut est donc licencié sans aucune indemnité et sans le versement de son salaire complet pour le mois de juillet.

« Je ne comprends pas, Antenne Réunion relate à longueur de journal les conflits, les malheurs et les mésaventures des gens, c’est normal, cela relève du travail de journaliste. Alors pourquoi m’accuser de faire du tort à la chaîne lorsqu’à mon tour, je parle de mon problème à des confrères », s’interroge François Perraut dans la conférence de presse qu’il a tenue à son domicile ce mardi 4 août 2009.
Le lundi 13 juillet, il avait invité les journalistes devant les locaux d’Antenne Réunion. En congé maladie depuis janvier 2009 à la suite de graves problèmes de dos, il expliquait vouloir bénéficier d’une rupture conventionnelle de contrat. Ce qui lui aurait permis de percevoir des indemnités, soit l’équivalent de 19 mois de salaire. Refus de la Direction, qui lui propose un poste d’archiviste. « S’il n’a plus envie de travailler pour Antenne Réunion, c’est son droit. Il peut démissionner. Mais nous ne ferons pas de rupture conventionnelle de contrat », commentait le lundi 13 juillet Philippe Roussel, directeur général délégué d’Antenne Réunion. « On ne peut pas accepter de licencier un employé dont nous avons besoin ou alors nous marcherions sur la tête », disait-il encore.
La chaîne a durci sa position 48 heures plus tard. Le mercredi 15 juillet, elle adressait un courrier à François Perraut. « Suite à votre comportement, nous vous signifions une mise à pied conservatoire pouvant aller jusqu’à un éventuel licenciement », prévenait l’entreprise. Une entrevue a lieu entre le journaliste et Philippe Roussel notamment le vendredi 24 juillet. « J’ai eu droit à un véritable questionnaire. On me demandait de m’expliquer sur la conférence de presse que j’avais organisée », relate François Perraut.
L’épilogue arrive le mardi 28 juillet. La lettre de licenciement reproche pêle-mêle au journaliste « d’avoir porté une atteinte grave à l’image » de l’employeur, ce qui aurait eu « un retentissement sur la clientèle d’Antenne : annonceurs et téléspectateurs », d’avoir « mis à profit (son) carnet d’adresse de confrères journalistes », « d’avoir suscité (...) tout un ensemble de réactions d’internautes ».
François Perraut annonce qu’il va entamer une action devant les Prud’hommes pour licenciement abusif.
En réponse aux affirmations de François Perraut, Antenne Réunion a décidé de « jouer la transparence » par la voie de son directeur général délégué, Philippe Roussel. En effet, ne contestant pas la place du journaliste sportif au sein de la Rédaction de la chaîne, chiffres salariaux à l’appui, il a tenu à souligner que le poste proposé à François Perraut n’était pas qu’un poste d’archiviste, mais de journaliste responsable des archives “news”.


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