Luttes sociales

Grève à la CILAM : les revendications des travailleurs

La parole aux grévistes qui entrent dans le 5e jour de lutte

Témoignages.re / 4 juillet 2014

Dans un tract diffusé ce jeudi à l’attention de tous les travailleurs de la CILAM, les grévistes de 6 entreprises de l’URCOOPA précisent leurs revendications. La CILAM distribue 2,5 millions de dividendes par an, les grévistes demandent une plus juste répartition des richesses issue de la sueur des travailleurs, et de l’aide publique. Commencée lundi, la grève entre aujourd’hui dans son 5e jour. Voici ce document :

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Comme l’année dernière (notre photo), les travailleurs de la CILAM sont en lutte pour un meilleur partage des richesses.

À tous les travailleurs de la CILAM. Souvenez-vous, il y a un an vous avez souhaité :
- un changement de syndicat
- une meilleure répartition des richesses créées par notre entreprise
- connaître les chiffres de la CILAM avec une expertise des comptes (en renonçant à la prime de 300 euros).

Cette expertise a servi de support aux élus du personnel pour poser des revendications dont personne ne conteste aujourd4hui la légitimité. Au bout du processus NAO qui aura duré 2 mois, voilà ce que nous proposait la direction :
- Pour 134 salariés (coefficient 120 à 175) : entre 15 et 26 euros bruts d’augmentation.
- Pour 202 salariés (coefficient 180 à 349) : entre 15 et 22 euros bruts d’augmentation.
Les syndicats demandent aussi 600 euros de primes, la direction refuse toute prime.

Pour rappel, l’expertise révélait entre autres que la CILAM distribue chaque année 2,5 millions d’euros de dividendes et que depuis 3 ans, 7 dirigeants de la CILAM se partagent 300.000 euros de primes chaque année.

Vos élus ont donc légitimement refusé cette proposition de la direction. Celle-ci a pris la décision unilatérale suivante (conférence de presse du 2 juillet 2014) : 1,2% pour tout le monde, soit une augmentation comprise entre 20,40 et 26 euros bruts (entre 15,71 et 20,02 euros nets).
Pour rappel, après la grève de 2013, les salariés avaient obtenu des augmentations de salaire comprises entre 1,5 et 2,3% (pour les plus bas salaires). La proposition finale de la direction en 2014 est donc largement en dessous de celle de 2013, alors que l’entreprise se porte très bien, l’expertise le souligne, et les chiffres de la CILAM en 2013 restent très satisfaisants.

Ces propositions ont provoqué notre colère et ont conduit à la grève depuis maintenant 4 jours.

La direction tente par tous les moyens de nous diviser, nous devons tout faire pour éviter ce piège et retrouver notre cohésion. Celle-ci est indispensable pour aujourd’hui obtenir, comme en 2013, de réelles avancées pour les salariés et demain faire en sorte que nous puissions continuer à travailler ensemble à la réussite de la CILAM.

Imaginez-vous demain une CILAM coupée en 2, les non grévistes portant un tee shirt blanc et les grévistes en tee shirt noir.
Imaginez vous l’ambiance de travail au sein de nos ateliers et le climat social qui règnera dans la CILAM et l’impact sur notre productivité.
Plusieurs informations circulant dans l’entreprise semblent expliquer cette division du personnel. Une clarification est donc indispensable.

Pourquoi nous faisons cette grève ?

Avant tout pour obtenir des augmentations de salaire et des avancées pour les salariés.
Hier (mercredi-NDLR) les revendications suivantes ont été supprimées :
- l’abandon des procédures de licenciement en cours ;
- la démission de MM. Hamel, Espitalier et Liégault.

Si on fait la grève, c’est pour notre salaire

Pensez-vous que votre salaire est suffisant aujourd’hui pour faire face au quotidien ?

M. Espitalier (directeur-NDLR) parle de quelques grévistes. Depuis 4 jours, 6 entreprises du groupe URCOOPA sont en grève : CILAM, Fromageries, Glaces, SETAA, SEBV, SOTRAM COTRAM RLS. La solidarité s’exprime aujourd’hui largement au-delà de la CILAM.

Quel dialogue social à la CILAM ? Les 50 ans de notre entreprise ne seront pas l’occasion de renouer le dialogue social. Pour preuve depuis 4 jours, la direction refuse de négocier.

La pression lé for nou koné, mé nou la bezoin zot soutien et zot solidarité, alon rasamble a nou !!!


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