Luttes sociales

Henry Grondin fixe les grandes lignes d’action

Collectif contre les abus bancaires

Témoignages.re / 29 avril 2010

C’est Henry Grondin qui succède à Dominique Mardaye à la présidence du Collectif contre les abus bancaires. Lors d’une conférence de presse organisée hier, il a fixé les grandes lignes du nouveau Bureau qui a été nommé le lundi 26 avril. Au programme, information aux usagers, rencontre avec les directeurs des banques locales et aide aux entreprises.

Après 5 ans de présidence, Dominique Mardaye quitte donc sont fauteuil de président du Collectif contre les abus bancaires. « Il est temps de donner une nouvelle dynamique à l’association », lance l’ancien président. Cette nouvelle dynamique, c’est Henry Grondin qui l’impulsera, « un homme de terrain et d’action », qualifie l’ancien leader. Il sera assisté dans son action par Paul Junot, premier vice-président, et Salim Moussajee, deuxième vice-président. Dominique Mardaye devient quant à lui secrétaire du collectif. « Je suis un homme de dossier et je pourrai m’en occuper à ce poste », explique l’intéressé.

Quant à Henry Grondin, il se fixe « 3 axes d’action ». D’abord, l’information des usagers sur les tarifs pratiqués dans toutes les banques de l’île. « La différence de prix entre La Réunion et la Métropole peut aller de 20% à 300%. Nous devons le dénoncer », lance le nouveau président du collectif. En s’aidant des rapports nationaux et de ceux qui sont émis par l’IEDOM (Institut d’émission des DOM), il compte « aller à la rencontre des clients » et leur faire « prendre conscience des abus de certaines sociétés ».

Deuxième axe de travail, poursuivre les négociations entamées en 2009 avec les banques dans le cadre de la lutte du COSPAR. En effet, l’organisation menée à l’époque par Dominique Mardaye avait réussi à obtenir un accord prévoyant une baisse de 5 à 20% de diverses opérations bancaires ainsi que la gratuité d’un certain nombre de retraits.
« Nous devons continuer nos discussions avec les banques. L’objectif serait de parvenir à une nouvelle baisse ou à une prise de conscience des disparités entre La Réunion et la Métropole », précise Henry Grondin. Cette prise de conscience passe notamment par des rencontres avec les politiques afin qu’ils « interpellent le gouvernement sur la nécessité de mettre en place une loi spécifique aux DOM ». Pour le président du collectif, cette loi « doit fixer un plafond maximum des prix pratiqués par les banques réunionnaises ». Il estime que « limiter ce plafond à 50% par rapport aux banques métropolitaines » serait « une bonne chose ».

Dernier axe de travail, l’aide aux entreprises. « Il y a de plus en plus d’entreprises qui viennent nous voir pour des problèmes avec les banques », note Dominique Mardaye. Parmi ces problèmes, « des prêts qui ne sont pas accordés alors que la société présente toutes les garanties de solvabilité ». « Ce n’est pas normal qu’une grosse entreprise en difficulté puisse obtenir un prêt de 18 millions d’euros alors qu’on ne donne rien aux petites entreprises », dénonce Henry Grondin, en faisant référence au groupe Caillé. « Aujourd’hui, elles risquent la liquidation judiciaire alors qu’on aurait pu donner 10.000 euros à 1.000 entreprises qui auraient pu être sauvées », ajoute-t-il. Une branche “Entreprises” a donc été créée pour leur venir en aide.

Enfin, le collectif va poursuivre son travail d’aide aux clients qui le souhaitent. « Le vrai contrepouvoir contre les banques, ce sont les usagers, mais à condition qu’ils connaissent leurs droits », lance Paul Junot.

Pour contacter le collectif : collectif.fraisbancaires@hotmail.fr


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