Luttes sociales

« Il est indispensable de répondre aux attentes des jeunes face au chômage »

AJFER-Nou lé kapab

Céline Tabou / 3 août 2013

Lors d’une conférence de presse, l’AJFER – Nou Lé Kapab a exposé les possibilités pour les jeunes Réunionnais de bénéficier du dispositif “Stratégie Europe 2020” et sa déclinaison française, la “Garantie Jeune”. « Il y a urgence à agir et à bien agir » contre le chômage des jeunes, a indiqué Gilles Leperlier.

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Brice Moutoussamy, Hassan Issabhai, Gilles Leperlier et Élodie Martin (AJFER – Nou Lé Kapab) ont exposé le plan de lutte de la Commission européenne contre le chômage des jeunes : “Stratégie Europe 2020”.

Dans un contexte de crise économique et financière, le chômage reste élevé avec près de 26,4 millions de personnes sans emploi dans l’Union européenne, dont principalement les jeunes, qui « représentent au sein de l’UE le double de celui constaté pour la population active » , a expliqué ce dernier. « Aujourd’hui, 5,5 millions d’Européens de moins de 25 ans sont sans emploi. Les Régions ultrapériphériques (RUP), dont La Réunion fait partie, sont les plus touchées » .

La “Garantie Jeune”, un dispositif pour La Réunion

Pour l’AJFER – Nou Lé Kapab, « les mesures annoncées et prévues par le Gouvernement auront des effets à court terme, mais ne donneront pas de perspectives stables aux jeunes » , d’autant plus qu’au cours des trente dernières années, « nous avons essayé 80 mesures différentes pour l’emploi des jeunes, mais aucune n’a permis de freiner la courbe du chômage » . Dans un tel contexte, la Commission européenne a lancé son plan de lutte contre le chômage des jeunes, appelées Stratégie Europe 2020, afin que « la jeunesse ne soit pas une génération perdue » . Un fonds intitulé “Initiative pour l’Emploi des Jeunes” (IEJ) a été créé dans ce cadre pour financer la “Garantie pour la Jeunesse”, destiné à mettre en place un programme d’intervention systématique en faveur des NEETs (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire), le développement de l’alternance à tous les niveaux et le développement de l’esprit d’entreprises chez les jeunes.

Pour la France, cette “Garantie Jeune” doit cibler les NEETs, engager un contrat d’engagement réciproque avec une allocation de 483 euros, ainsi que la formation et l’emploi et mettre en place une commission pour décider des entrées et sorties. Cette “Garantie Jeune” est financée à hauteur de 570 millions d’euros pour 12 régions de France éligibles à l’IEJ. Ce dispositif concerne 300.000 jeunes dans 8 régions de France et les 4 départements d’outre-mer (La Réunion, Guyane, Guadeloupe et Martinique), a expliqué Gilles Leperlier. Ces régions répondent aux critères de la Commission européenne, qui veut que les régions concernées doivent avoir un taux de chômage supérieur à 25%. Dans ce cadre, La Réunion est concernée et est éligible à cette “Garantie Jeune”, comme l’a attesté le sénateur Dominique Bailly, dans son rapport d’information, relatif à la “Stratégie Europe 2020”.

Alors « pourquoi l’expérimentation mise en place dès septembre 2013 par le gouvernement ne concerne que 10 départements quand, il y en 12 éligibles ? » , a posé Gilles Leperlier. En effet, le gouvernement a décidé de mettre en place son expérimentation dans 10 départements au lieu de 12. Ce dernier fait référence aux propos de la députée socialiste Ericka Bareigts qui a demandé que « La Réunion soit choisie comme territoire expérimental pour la “Garantie Jeunes” . « Arèt taz a nou ! » , s’est indigné le jeune homme.

« Être à la hauteur des attentes de la jeunesse »

Selon l’AJFER – Nou Lé Kapab, le gouvernement a concentré ses crédits pour la période 2014-2020 sur les exercices 2014-2015, soit 5 milliards, « c’est une bonne chose, car cela permet d’agir sur l’emploi des jeunes et d’être un levier immédiat pour faire face à l’urgence de la situation ». Mais « il doit aller jusqu’au bout de l’initiative et être beaucoup plus ambitieux » . D’autant plus que plus de 59% des jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi et de nombreux Réunionnais décident de plus rechercher d’emploi, un décrochage apparaissant « plus fortement chez les demandeurs d’emploi de longue durée, mais aussi par l’inadéquation entre la formation et la réalité du marché du travail » , a expliqué Gilles Leperlier.

Pour ce dernier, « nous devons donc être à la hauteur des attentes de notre jeunesse, qui arrive sur le marché du travail » et « il en va de la responsabilité de nos parlementaires de sensibiliser le gouvernement et de faire des propositions pour la déclinaison d’un plan répondant aux attentes des jeunes face au chômage » . L’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion préconise plusieurs points, dont « détecter les NEETs et les réinsérer dans le système ; améliorer la lisibilité pour les jeunes et les employeurs ; adapter les formations en fonction des besoins réels de l’île ; développer les services d’aide à la création d’entreprises ; améliorer le niveau de stages et développer l’apprentissage et l’alternance » .

Gilles Leperlier propose la mise en place d’un Service Unique de la formation, de l’orientation, de l’insertion professionnelle et de la mobilité, qui « devra rassembler l’ensemble des acteurs et être accessible à tous les jeunes pour un véritable accompagnement » . Car « nous pensons que cela doit se faire à l’issue du collège pour permettre une meilleure orientation et donner aux jeunes des possibilités d’alternance » . De plus, l’AJFER – Nou Lé Kapab souhaite « une orientation obligatoire à la 3e, avec un suivi personnalisé, pour éviter le décrochage scolaire et assurer une insertion professionnelle efficace ». L’objectif, selon Gilles Leperlier, est de permettre de réduire sur du long terme le chômage des jeunes, grâce entre autres à l’apprentissage et l’alternance.

Céline Tabou


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