Luttes sociales

« Il est nécessaire que chacun d’entre-nous continue à croire en l’amélioration de notre vie quotidienne »

Brigitte Malet au cœur de la mobilisation interprofessionnelle

Jean Fabrice Nativel / 24 mars 2010

La Journée nationale de la mobilisation interprofessionnelle a réuni hier matin dans les rues de Saint-Denis 1.500 personnes. La réforme des retraites, l’emploi, la pénibilité au travail, les chômeurs en fin de droits, le partage des plus-values dans l’entreprise, etc. ont été les sujets de revendications. Sur ces points, le président de la République a promis de ne pas passer en force et a transmis une feuille de route au patronat et syndicat. Celui-ci n’est pas convaincu. Ceci explique cette manifestation — nationale — à laquelle a participé Brigitte Malet, déterminée à porter la voix des sans voix…

Aujourd’hui, vous êtes (hier - ndlr) au cœur de ce défilé aux côtés de syndicalistes, de travailleurs, de personnes à la recherche d’un emploi, retraitées… mais pour quelles raisons ?

- Plus que jamais, la pauvreté galopante atteint notre population au plus profond des foyers et la rue n’en finit plus de recevoir des abandonnés, des laissés pour compte, des sans abri. Alors, nous avons décidé avec mes camarades de la CGTR de descendre dire notre ras-le-bol… d’air (à défaut de riz)… du vent !!!
Nous avons pris rendez-vous avec le nouveau préfet qui nous a pourtant dit, lors de son arrivée dans l’île, être le préfet de la communication, que nenni ! Personne devant les grilles de la Préfecture, seuls des policiers en armes et en cotes de mailles jusques aux genoux nous attendaient.

« Je sais leur grande précarité, mais je sais aussi leur courage, leur fierté… »

On vous connaît au contact des sans voix, de leur vie, qu’en savez-vous ?

- Je sais leurs difficultés, je sais leur grande précarité, mais je sais aussi leur courage, leur fierté… Je sais leurs faiblesses, je sais leurs retenues ou leurs violences quand ils ne sont pas entendus ou mal compris. Je sais aussi leurs peurs pour leurs enfants qu’ils souhaitent voir réussir pour enfin sortir de la misère, du manque… Je sais aussi leur esprit de camaraderie, de partage, leur humour, leurs rigolades ; je sais leurs petites manies et leurs grands rêves qui se résument à passer de bons moments en famille, de bat’carré à la plage, des besoins simples, des besoins d’évasion qui passent par la télévision trop souvent… où aller, quelle destination quand l’essentiel même manque, quand le frigo est vide à la moitié du mois, quand les dettes s’accumulent ?

« Tant et tant à faire, tant de bonnes volontés écartées ! »

Selon vous, quelles initiatives permettraient au moins bien lotis d’entre-nous de voir leur condition de vie s’améliorer ?

- Déjà, je dis l’écoute, le don de soi dans un premier temps qui passe par le temps que l’on consacre à partager leurs histoires de vie, pas toujours gaies, pleines de manques, et puis leur apporter des réponses concrètes, les orienter dans leurs choix, les accompagner dans leurs démarches, etc.
Dans les priorités, consacrer de l’argent à des associations afin qu’elles puissent opérer au cœur même du quartier, du village, de la ville pour apporter des aides de proximité : garde d’enfant, courses et soins à des personnes âgées, aide à la constitution de dossiers, les cours pour les illettrés, la formation des emplois verts, valorisation des déchets… tant et tant à faire, tant de bonnes volontés écartées !
Créer des emplois de proximité, améliorer le montant des salaires, des revenus, des minima sociaux, etc.

Comment voyez-vous l’avenir de l’île ?


- Il est nécessaire que chacun d’entre-nous continue à croire en l’amélioration de notre vie quotidienne. Pour cela, il faut continuer à être actifs, disponibles, solidaires.

Jean-Fabrice Nativel


Zot la di

FO : « Non à la casse du service public », « la retraite fait partie du progrès ».
US Solidaires : « Trop de retraité aux minima vieillesse ».
CFDT : « Prendre nout lavenir an main ».


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