Luttes sociales

« Il n’y a pas de création de 15 postes dans l’éducation, mais la suppression de 147 »

Intersyndicale de l’Éducation

Cinthia Fontaine / 5 juillet 2012

L’intersyndicale de l’Éducation (CGTR Éduc’action, SAIPER PASS 974, CFTC,Sud Educaction SNE/CSEN, SNUIPP /FSU...) organisait hier un point presse pour alerter l’opinion publique sur le fait que le gouvernement présente comme la création de 15 postes dans l’Académie de La Réunion est en fait la restitution de ces 15 postes sur les 162 postes qui seront supprimés à la rentrée prochaine.

L’intersyndicale continue à se mobiliser contre la suppression de 147 postes tous degrés confondus pour l’Académie (162 postes prévus moins les 15 restitués). Dans ce but elle organisait hier une table ronde "urgence Réunion éducation "où les nouveaux parlementaires avaient été invités. Le calendrier politique n’a pas permis cette rencontre entre les députés et les syndicalistes.
Pour l’intersyndicale, il est important de mettre en place un plan de rattrapage dans l’Éducation à La Réunion. « On ne peut pas mettre en avant la création de 15 postes à La Réunion à égalité avec les 15 postes aussi créés en région parisienne, alors que ce sont 147 postes qui vont être supprimés sur l’Académie. La Réunion ne peut pas être traité sur le même pied d’égalité avec des régions métropolitaines », insiste Patrick Corré de la CGTR Éduc’action. « Il faut prendre en compte les spécificités réunionnaises. Nous connaissons sur l’Académie un taux de chômage important, la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, 1 jeune sur 2 sort de l’école précocement. Nous connaissons un taux d’illettrisme 3 fois supérieur à celui de la métropole. Les évaluations du CM2 ont montré que les élèves réunionnais éprouvaient plus de difficulté à maitriser les acquis essentiels. Dans le calcul du gouvernement, ces spécificités ne sont pas prises en compte ».

Classes surchargées

Pour l’intersyndicale, le nombre d’élèves par classe impacte sur la réussite des élèves et La Réunion connait de nombreuses classes surchargées avec parfois plus de 30 élèves dans le 1er degré et des classes dépassant les 35 dans le secondaire. « Il est sûr que le recteur avance une moyenne générale de 24 élèves par classes, mais c’est une moyenne. Certaines classes des écarts ne comportent que 20 élèves pour 2 niveaux, mais ce n’est pas le cas de toutes les classes », insiste Louarn Katelle de FO éducation. Pour l’intersyndicale, cette mobilisation n’est pas une approche comptable, il ne s’agit pas de sauver des postes, même si c’est important dans une île frappée de plein fouet par le chômage, il s’agit de l’éducation des élèves, de faire de l’école de la République une école de la réussite pour tous.

500 postes perdus en 5 ans

L’annonce des 6.000 postes pour le 2ème degré pour toute la France dont seul 5% seront statutaire ne représenteront qu’un ratio 3 postes non précaires pour La Réunion s’insurge l’intersyndicale. « Nous sommes très déçus par ces mesurettes bien en deçà de ce que l’on attendait. Les dépenses que l’on fait dans l’Éducation sont des investissements pour l’avenir », souligne Gérard Guenilly, de la CGTR surtout en ce moment de crise où les plus défavorisés ont besoin d’être le mieux armés.
L’académie a déjà perdu près de 500 postes en 5 ans. Cette restitution de 15 postes dans le premier degré sur les 162 suppressions prévues est une goutte d’eau dans l’océan pour l’Intersyndicale qui souhaite l’annulation totale de ces suppressions.
L’intersyndicale prévoit d’organiser à nouveau une table ronde en invitant les députés. Elle demandera audience au ministre de l’Outre-mer Victorin Lurel lors de sa visite prévue le 12 juillet. Elle a aussi déposé un préavis de grève pour la rentrée dans la logique de cette mobilisation contre les suppressions de postes.

CF

Motion des enseignants du lycée Louis Payen

Pourquoi caler les horaires du bac à La Réunion sur ceux de la France ?

Dans une motion adressée hier au Recteur, les enseignants du lycée Louis Payen à Saint-Paul alertent sur les conséquences négatives de l’alignement sur les horaires de France de l’heure de passage du bac dans cet établissement : tout est décalé. La CGTR-Educ’action fait part de son total soutien à cette motion dont voici de larges extraits.

« Nous voudrions attirer votre attention sur les conditions inéquitables de passation du baccalauréat de nos élèves par rapport à la métropole, conditions clairement défavorables aux candidats réunionnais.

Du fait du calage des horaires locaux sur ceux de métropole, nous notons plusieurs points négatifs :

- Horaires décalés, entraînant fatigue, difficultés et baisse de concentration.

- Transport du matin déposant les élèves à 7h alors que les épreuves commencent à 10h.

- Réelles difficultés pour les tiers temps voyant les épreuves se prolonger jusqu’à 21h20.

- Gestion des repas décalés, eux aussi, à midi comme le soir.

- Les repas froids pour les demi-pensionnaires, de qualité nutritive médiocre et de composition répétée à l’identique pendant 5 jours.

- Travail sous un éclairage artificiel insuffisant (Bâtiments scolaires, salle de classe en primaire et secondaire 500 lux). La nuit tombe à 18h30 et les épreuves se terminent à 20h.

Le problème semble aussi important pour nos étudiants passant le BTS. Les épreuves, elles aussi, suivent des horaires métropolitains avec donc les mêmes conditions inéquitables de passation, mais en plus pendant les "vacances" de mai, ce qui prive nos candidats d’un temps de repos et de révision dont disposent ceux de métropole.

Nous aimerions connaître les raisons qui justifient ces choix.

Pour notre part, il est possible de répondre aux besoins d’équité, d’équilibre nutritionnel et d’homogénéité par rapport à la métropole en proposant des sujets différents conçus par le Ministère et dont les corrections suivraient des grilles d’évaluation similaires à celles de métropole, et dont les horaires seraient régionaux et en adéquation avec tous ces paramètres ».


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